Air France-KLM prévoit une perte de plus de 300 millions en 2010

Pierre-Henri Gourgeon a donné une idée des pertes que pourrait enregistrer Air Franc-KLM à l'issue de son exercice 2010-2011, qui s'achèvera fin mars. Le groupe a pour objectif « un retour à l'équilibre opérationnel hors impact des couvertures pétrole » (et sous réserve du coût après compensations espérées de la crise du nuage volcanique), mais son directeur général a précisé à deux reprises mercredi en fin de journée, lors d'une audition à l'Assemblée nationale, le coût attendu pour ces fameuses couvertures : « entre 300 et 400 millions d'euros », plus ou moins « la moitié des effets négatifs des couvertures de l'an dernier » (637 millions), lesquels ont contribué fortement à la perte d'exploitation record de 1,28 milliard d'euros. Une hypothèse basée sur un prix moyen du baril à 85 dollars. Une couverture carburant n'est autre qu'un système d'assurance visant à obtenir, pour des périodes futures, un prix du kérosène moins élevé que le prix marché. Schématiquement, la compagnie et la contrepartie (une banque le plus souvent) fixent un prix du baril à une échéance donnée. Si à ce moment-là, le baril coûte plus cher, la compagnie ne paiera rien de plus que le prix mentionné dans le contrat. À l'inverse, si le baril a baissé. La compagnie n'en bénéficiera pas et continuera à payer le prix inscrit dans le contrat. Perte de compétivitéC'est ce qui s'est passé pour Air France-KLM depuis la chute des prix du baril, à partir de septembre 2008. Après avoir empoché plus de 3,3 milliards d'euros de gain sur ses couvertures depuis la fusion entre Air France-KLM en mai 2004 (et amplifié ainsi ses bénéfices), le groupe a vu son système se retourner. Pour autant, cela ne s'est pas traduit par une hausse de la facture carburant par rapport à l'année précédente. Celle du groupe a fondu de 1,3 milliard d'euros en 2009-2010, malgré la perte de 637 millions sur la couverture. Il est toujours préférable de perdre des opportunités quand le prix du baril est bas que d'en gagner quand il est haut. « Quel que soit le poids des couvertures, nous avons intérêt à voir le prix du pétrole baisser », confirme le directeur financier du groupe, Philippe Calavia. Néanmoins ce sysytème a entraîné une perte de compétivité d'Air France-KLM par rapport à Lufthansa, dont les couvertures pénalisantes se sont évaporées dans la faillite de Lehman Brothers, sa contrepartie, ou par rapport à British Airways, peu couvert. La direction a donc changé de stratégie et ne se protège plus sur une période de quatre ans, mais de deux ans. À cette perte opérationnelle, due aux couvertures, s'ajoutera aussi l'impact du nuage volcanique sur le résultat d'exploitation, estimé à 160 millions. Les discussions pour des compensations avec les pouvoirs publics sont toujours en cours. Pour autant, au vu des chiffres de trafic du mois de mai, certains observateurs estiment que le groupe dégagera un résultat opérationnel (hors impact du pétrole et du volcan) largement positif. En mai, les trafics passagers et cargo ont progessé de 4,3% et 8,7%, le tout accompagné d'une hausse de la recette unitaire.

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