Les « utilities » toujours en disgrâce auprès des investisseurs
La Tribune
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Rien n'y fait. Quelles que soient les configurations de marché, le secteur des services aux collectivités (« utilities ») ne parvient pas à retrouver grâce aux yeux des investisseurs. Les deux plus mauvaises performances du DAX depuis le début de l'année ne sont autre que RWE et E.ON avec des baisses de 18 et 19 %. En Espagne, Iberdrola et Endesa font également partie des dix plus fortes baisses de l'Ibex avec des reculs respectifs de 16 et 17 %. Même constat au sein du CAC 40 où EDF et GDF-Suez sont en queue de peloton de l'indice avec des reculs de 20 et 16 % depuis le début de l'année. De fait, rien d'étonnant à voir le secteur dans son ensemble afficher le plus mauvais parcours (- 24 %) au sein du Stoxx 600. Et cela ne date pas d'hier : cette tendance est la même depuis la faillite de Lehman Brothers, en septembre 2008. Et pour cause. « Après Lehman et la crise financière, le secteur a été pénalisé par la forte baisse des matières premières mais aussi son fort endettement dû à des acquisitions souvent surpayées entre 2004 et 2010 », souligne Bertrand Lecourt, en charge du secteur « utilities » chez Deutsche Bank Securities. Une fois la problématique de l'endettement des entreprises reléguée au second plan, il y avait fort à parier pour un retour en grâce de ce secteur. Mais alors que les professionnels misaient en début d'année sur une résurrection boursière des valeurs défensives et ne juraient que par le rendement, force a été de constater que les entreprises du secteur n'ont bénéficié d'aucun de ces deux facteurs. Entre-temps d'autres éléments ont mis les « utilities » sous pression. « Dernièrement, c'est le risque politique qui a pesé sur le secteur. Les investisseurs ont craint que, dans un contexte de difficultés financières, les États soient tentés de taxer le secteur. La question s'est posée en Espagne mais surtout en Allemagne avec le projet de taxe sur le nucléaire qui a tué le rebond du secteur », détaille Bertrand Lecourt.Reste que pour ce dernier les « utilities » européennes commencent à sortir la tête de l'eau. « Le premier semestre a été de bonne qualité mais jusqu'ici il n'y a pas eu de véritable révision à la hausse des objectifs de résultats », souligne l'expert de la Deuscthe Bank Securities. De bonnes nouvelles pourraient toutefois intervenir dès mercredi avec les résultats semestriels de Suez Environnement (qui a officialisé mardi la signature d'un contrat de 980 millions d'euros aux Baléares) et, vendredi, avec ceux de Veolia.
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