La Norvège ne sait pas quoi faire de ses 760 milliards de (pétro) dollars

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\"Dépenser plus pour gagner encore plus\". Cela pourrait être le slogan de campagne de l\'alliance entre les conservateurs norvégiens et leurs alliés du Parti du progrès, le parti d\'extrême droite, qui pourraient bien remporter la prochaine élection législative le 9 septembre prochain. Au centre des débats, l\'utilisation des 760 milliards de dollars détenus par le fonds souverain norvégien alimenté par la rente du pétrole de la mer du Nord.Dépenser plus de pétrodollars...Le parti du progrès, qui pourrait entrer au gouvernement pour la première fois depuis sa création en 1973, propose en effet de mettre fin à la règle limitant l\'utilisation de ces pétrodollars à 4% des revenus annuels du fonds. Cette règle avait été mise en place au début des années 2000 par le parti travailliste, toujours au pouvoir depuis, sur le conseil des économistes afin d\'éviter une surchauffe de l\'économie.En dehors du parti du progrès, l\'ensemble de la classe politique est favorable à cette limite et l\'annonce a de quoi mettre Erna Solberg, la chef de file des conservateurs dans l\'embarras. Pour rassurer ses électeurs, elle a dû promettre qu\'en cas de victoire de sa coalition avec le parti du progrès, elle serait là pour garantir la bonne utilisation de la manne détenue par le fonds.... pour réduire les impôts et regagner en compétitivitéIl n\'empêche que l\'idée a de quoi séduire. Selon le parti du progrès, cela permettrait de financer la baisse des impôts. Le parti du progrès comme le parti conservateur font tous deux campagne sur le thème porteur d\'un allègement de la pression fiscale sur les entreprises et les particuliers. Ils souhaitent aussi augmenter les investissements dans les infrastructures.Selon la coalition, le pays aurait subit, à cause de la crise en zone euro, une violente perte de compétitivité. Les salaires y sont en effet 70% plus élevés que la moyenne de l\'Union européenne. Refuge pour les investisseurs au plus fort de la crise qui secoue l\'Europe depuis cinq ans, la Norvège sera le seul pays du continent à ne pas connaître une accélération de sa croissance l\'an prochain parmi les quinze que surveille la première banque norvégienne DNB. Selon l\'OCDE, malgré une baisse de 9% cette année, la couronne norvégienne serait encore surévaluée de 28% par rapport à l\'euro. De quoi faire grogner les exportateurs du pays.\"Jusque là, nous n\'avons fait que dépenser l\'argent aujourd\'hui, mais nous n\'avons pas dépensé pour la génération à venir\", a argumenté le 19 août dernier Ketil Solvik Olsen, porte-parole des finances du parti du progrès citée par Bloomberg pour qui \"ce qui est bon pour les entreprises est bon pour l\'économie\".Les marges de manœuvre existent déjà sans dépasser la limite de 4%Mais avec 2% de croissance prévus l\'an prochain hors fruits de la rente pétrolière, le pays scandinave est encore loin devant la zone euro qui ne devrait pas dépasser 0,7% de croissance du PIB en  2014 selon la banque norvégienne. Et se restreindre à n\'utiliser que 4% des revenus du pétrole est loin de signifier une restriction dans les dépenses. Pour le budget de l\'an prochain, le parti travailliste au pouvoir a en effet proposé d\'allouer 3,3% de la rente à la réduction du déficit public. Mais les revenus du fonds ne cessent de croître, et cela équivaut ni plus ni moins qu\'à une hausse de 19% du budget du gouvernement par rapport à 2012.Et, selon la DNB citée par Bloomberg, l\'accroissement des revenus du fonds devraient permettre, sans outrepasser la règle des fameux 4%, au gouvernement de réduire les impôts de 25 milliards de couronnes en 2015 et 2016. Ce qui correspond à un peu plus de 3 milliards d\'euros de baisse d\'impôts dans un pays qui compte 5 millions d\'habitants. Ce, tout en augmentant les dépenses publiques de 1% et les investissements de 7,5%.Un argument électoral en vue d\'entrer au gouvernement pour la première foisRéponse après le 9 septembre. Car l\'issue du débat dépendra surtout du poids que représentera le parti d\'extrême droite au parlement à la suite de l\'élection législative de lundi prochain. Mais ce qui est sûr, c\'est que l\'idée du parti du progrès a de quoi séduire des Norvégiens qui se plaignent régulièrement de payer trop d\'impôts.Selon les sondages, l\'ensemble de l\'opposition serait en passe de remporter une centaine de sièges contre 68 pour l\'actuelle majorité. Mais le parti chrétien démocrate et les libéraux sont opposés à une alliance avec le parti du progrès en raison de leurs positions anti-immigration et de leurs liens avec Anders Breivik, l\'auteur des tueries d\'Oslo en 2011. S\'il veut entrer au gouvernement, le parti du progrès doit donc remporter assez de sièges pour être un allié qui suffise au parti conservateur. Il n\'en a jamais été aussi près.

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