Besson défend le débat sur l'identité nationale

Premier bilan évidemment positif pour Éric Besson. Le ministre de l'Immigration a défendu pied à pied lundi son débat sur l'identité nationale, lancé le 2 novembre et marqué par des dérapages racistes ou xénophobes.« L'immense majorité des contributions est parfaitement respectueuse de nos valeurs républicaines », a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse. Éric Besson a précisé qu'il y a eu 540.000 visites sur le site dédié du ministère, 50.000 contributions et 3 millions de pages vues. « Certains observateurs se sont focalisés sur quelques dérapages très isolés. Ils n'ont pas réussi à faire sortir le débat de son cadre républicain : le débat n'a pas dérapé, la caricature de défouloir raciste n'a pas fonctionn頻, a-t-il insisté.Le ministre de l'Immigration, critiqué jusque dans les rangs de l'UMP pour l'organisation de ce débat à proximité des élections régionales de mars, a souligné que « l'immigration et l'islam représentent moins d'un tiers des 26.000 premières contributions reçues sur le site Internet et analysées par TNS Sofres ». « Ce qui fait le jeu des extrêmes, ce n'est pas le débat, c'est le tabou », a-t-il lancé.ArbitrageÉric Besson a confirmé que « les orientations et les propositions » issues du débat seraient soumises avant fin janvier « à l'arbitrage du président de la République et du Premier ministre ». D'ores et déjà, il a cité quelques pistes : le respect des symboles de la République (drapeau et hymne national), la solennisation de l'accession à la citoyenneté des étrangers et des Français à leur majorité, mais aussi une lutte accrue contre les discriminations.La gauche continue de mener bataille contre le débat qu'elle juge électoraliste au moment où les intentions de vote en faveur du Front national sont en hausse dans les sondages. Éric Besson a fustigé « les bennes d'ordures à bêtises qu'on a déversées », citant notamment les critiques de la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry.Les critiques dépassent toutefois les rangs de l'opposition, même si les Verts ont affirmé lundi qu'Éric Besson « nous baratine » tandis que le président du Modem François Bayrou jugeait le débat « microcosmien ».Transfuge du PS en pleine campagne présidentielle de 2007, Éric Besson fait face à une certaine défiance au sein de l'UMP. Dominique Paillé, porte-parole adjoint du parti majoritaire, a ainsi jugé lundi que la formule du débat sur l'identité nationale devait être « améliorée ». Il a estimé que les préfectures ne devaient pas « être le seul endroit » pour mener les discussions.Éric Besson continue de bénéficier du soutien de Nicolas Sarkozy, qui se réserve toutefois l'opportunité de « recadrer » le débat. H. F.

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