La pilule anti-obésité Alli fait toujours débat malgré son succès

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Pari gagné pour Glaxo-SmithKline (GSK). Un an après le lancement hexagonal de sa pilule anti-obésité Alli, le laboratoire britannique se frotte les mains. Avec 543.000 boîtes écoulées l'an dernier, les ventes en officines ont atteint 27,2 millions d'euros, moitié plus que les 18 millions prévus. Soit un peu plus de 18 millions d'euros dans la poche du groupe pharmaceutique. Lancée à grand renfort de publicité en mai 2009, Alli revendique 15 % du marché de la perte de poids, mais moins de 2 % du marché de l'automédication. Il s'agit pourtant bien d'un médicament, à ce titre contrôlé par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). En décembre dernier, cette dernière a d'ailleurs relevé une « utilisation inappropriée » du produit qui l'a conduite à de nouvelles recommandations : encadrement plus strict de la publicité, recentrage systématique « sur la cible concernée [...] et la nécessité d'une consultation médicale »... Conséquence : cette année, sur les affiches publicitaires vantant les mérites d'Alli, la balance en forme de croix de pharmacien a laissé place à un énorme « 25% », qui correspond à l'absorption de graisses évitée en utilisant Alli. La mention selon laquelle la perte de poids n'aura lieu qu'« en complément d'un régime » figure également en bonne place. « Il était temps ! La communication de l'an dernier était très instrusive. Elle a créé une demande spontanée chez les patients, qui n'ont pas compris qu'il puisse y avoir des refus de vente en officine », dénonce Gilles Bonnefond, président délégué de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine. « Cette année, notre approche est plus scientifique et plus explicative », admet Vincent Cotard, président de GSK Santé Grand Public, la branche automédication du groupe. « Mais nous avons dépensé 1,5 million d'euros en formation des pharmaciens depuis le lancement d'Alli, dix fois plus que pour notre patch antitabagique Niqitin. » 170.000 boîtes par semaine C'est que, l'an dernier, la fameuse pilule avait suscité un vif débat. En raison de ses conditions d'utilisation très strictes (indice de masse corporelle supérieur à 28, association avec un régime), mais aussi de ses effets secondaires (fortes diarrhées). Sans compter les doutes sur son efficacité. « Avec un régime hypocalorique et en faisant du sport, vous perdez deux kilos. Alli peut, au mieux, vous en faire perdre trois », estime un pharmacien. Reste à savoir si le succès du médicament se reproduira cette année. À l'été 2009, les ventes avaient grimpé jusqu'à 170.000 boîtes par semaine, contre une moyenne de 10.000 hors saison. « Je ne pense pas que les patients le rachèteront : ils ont compris qu'il ne s'agit pas d'un traitement miracle. Quant aux pharmaciens, ils vont se concentrer sur les personnes vraiment adaptées au traitement », estime Gilles Bonnefond. « En 2009, plus de la moitié des personnes interrogées ont déclaré un réachat », rappelle de son côté Vincent Cotard. Le laboratoire, qui ne compte pas modifier le prix du médicament, vise des ventes « stables » par rapport à l'an dernier.

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