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Faut-il taxer les transactions pour limiter les excès de la finance ?

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Publié le 04 septembre 2009 à 23:48 - Mis à jour le 04 septembre 2009 à 23:48

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Dominique PilhonOUILa taxe n'est plus un sujet tabouUn an après la faillite de Lehman Brothers et le sauvetage massif sur capitaux publics du système financier, les grandes banques internationales renouent avec des comportements que l'on espérait révolus et préparent la prochaine bulle financière. La lucidité des propos d'Adair Turner montre toutefois que les mentalités ont un peu évolué, qu'il existe un réel questionnement sur le poids considérable pris par la finance et les risques que fait porter la spéculation sur l'économie. L'idée est bien d'essayer de dégonfler le volume des opérations financières par l'introduction d'une taxe de façon à mettre, pour reprendre l'expression de James Tobin, « de l'huile dans les rouages trop bien huilés de la finance ». Les réflexions ont d'ailleurs beaucoup avancé. Le rapport Landau, actuel sous-gouverneur de la Banque de France, avait souligné, il y a quelques années, qu'il n'existait aucun obstacle technique à la mise en place de contributions financières internationales. Seule compte la volonté politique. Sur les modalités de mise en place, l'idée d'un système à double taxe commence également à s'imposer : d'une part, une taxe très faible sur les transactions, proche du système préconisé par Tobin, et, d'autre part, une taxe dont le taux serait variable en fonction croissante des tensions spéculatives, comme cela avait déjà été proposé pour le marché des changes. Ainsi, un même instrument peut répondre à un double objectif : rapporter des ressources publiques et frapper lourdement tout emballement spéculatif pour prévenir la formation de bulles. Compte tenu de l'ampleur de la crise, il suffirait ? même si ce scénario reste encore très hypothétique aujourd'hui ? qu'une place financière impose cette taxe pour provoquer un effet d'entraînement immédiat sur toutes les autres places, car aucun chef d'État ne pourrait alors ignorer une telle initiative. Cette taxation doit bien évidemment s'accompagner d'une régulation beaucoup plus forte, plus coercitive, avec de nouvelles exigences de fonds propres ou la fermeture de certaines activités ou marchés. Ce qui est nouveau, c'est que le principe de taxe n'est plus tabou. De même que les États-nations se sont bâtis sur la monnaie et la fiscalité, on peut imaginer un début de gouvernement mondial avec l'émergence d'une fiscalité internationale, qu'elle soit verte ou sur la finance. nLes grands argentiers du G20, réunis depuis hier soir à Londres, vont à nouveau débattre de la régulation et du la réforme du système financier, un an après la faillite de Lehman Brothers. Un consensus commence à se dégager sur la nécessité de mieux encadrer les bonus des traders. D'autres experts prônent des réformes plus radicales. Ainsi, le chef de l'autorité des marchés financiers de la City, à Londres, Adair Turner, s'est déclaré favorable à la création d'une taxe « Tobin » sur les opérations sur titres. Pour cet ancien banquier, ce serait une solution efficace pour mettre un frein aux rémunérations excessives « dans un secteur financier hypertrophi頻 et calmer la spéculation.Propos recueillis par Éric BenhamouNONDavid ThesmarSur le principe, pourquoi pas ? La quasi-totalité des échanges sont taxés, y compris les transactions immobilières. La question peut être soulevée, même s'il n'existe pas de réponse claire sur le coût pour la collectivité d'une taxation des opérations sur titres ou sur les changes. En revanche, l'interrogation demeure sur l'objectif affiché, à savoir freiner la spéculation. Il n'est tout d'abord pas certain qu'une taxe soit de nature à réduire un service, quel qu'il soit, surtout si ce service répond à un réel besoin. Ce qui renvoie au débat sur l'utilité pour la collectivité de certaines activités financières, notamment les opérations de couverture sur les marchés à terme. Ces derniers offrent une assurance contre des fluctuations des cours, des opérateurs étant prêts à prendre un risque quand d'autres veulent s'en débarrasser. Ce service à un prix. Reste à savoir si ce prix est trop élevé ou non. Autre problème : comment distinguer les mauvais des bons spéculateurs ? Les spéculateurs stabilisent les prix car c'est leur métier : ils achètent des actifs jugés sous-évalués et les vendent quand ils estiment que les cours sont au plus haut. Ils apportent ainsi de la liquidité au marché et ils permettent à chacun d'entrer ou de sortir quand il le souhaite. Ce sont les « gentils » spéculateurs. Les « méchants », eux, exacerbent les tendances, notamment lors de la formation des bulles. Autrement dit, ils ne jouent plus contre la tendance mais l'accompagnent et l'amplifient pour en tirer le maximum de profit. Des travaux sont menés aux États-Unis sur ces comportements, notamment sur les marchés de matières premières, et le régulateur américain les a récemment mis en cause. Mais il semble bien que les « gentils » spéculateurs l'emportent finalement sur les « méchants ». Enfin, dernière réserve, l'introduction d'une taxe sur les transactions financières génère beaucoup plus d'instabilité, ce qui est contraire à l'objectif recherché. Des études ont montré d'ailleurs une corrélation entre la baisse des coûts de transactions et la baisse de la volatilité sur la Bourse américaine. Par conséquent, une taxe pourrait davantage gêner le bon fonctionnement des marchés plutôt que de corriger leurs excès. nElle pourrait générer encore plus d'instabilité

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