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Fonctionnaires au bord de la crise de nerf

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Publié le 10 février 2010 à 14:49 - Mis à jour le 10 février 2010 à 14:49

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La colère gronde chez les fonctionnaires. Au point de déboucher sur une vraie poussée de fièvre à quelques semaines des élections régionale ? Pour les syndicats en tout cas, c'est une attaque en règle contre la fonction publique dont le pouvoir se rend coupable. « Tous les tirs sont orientés vers la fonction publique », a estimé cette semaine François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT. Pour lui comme pour les autres leaders syndicaux, tous les projets de réforme annoncés ou esquissés ces derniers temps par le gouvernement sont autant d'intolérables remises en cause du statut et des avantages des fonctionnaires. Il est vrai que les menaces s'accumulent depuis quelque temps. Pas de coup de pouceD'abord, il y a eu la règle présidentielle du non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux, encore rappelée par Nicolas Sarkozy lors de la conférence sur les déficits publics fin janvier. En 2009, cette règle a abouti à la disparition de 30.600 postes sur 2,3 millions pour la seule fonction publique de l'État. En 2010, 33. 700 postes devraient être concernés. Et, avec un objectif de seulement 0,6 % de croissance des dépenses publiques à partir de 2011, objectif rappelé par François Fillon mercredi sur Europe 1, ces réductions d'effectifs devraient se poursuivre au même rythme au moins jusqu'en 2013. Depuis le 1er janvier, les 650 établissements publics et autres opérateurs de l'État, qui emploient plus de 330.000 agents, sont également concernés par la règle alors que jusqu'à présent, ils continuaient discrètement d'embaucher. Même si le gouvernement a promis de rétrocéder collectivement aux fonctionnaires la moitié des économies réalisées (soit 450 millions pour 2009), les syndicats se focalisent sur le nombre de suppressions brutes. D'autant que le gouvernement n'a pas prévu de coup de pouce salarial en 2010. 46,6 milliards pour les retraitesAutre sujet de crispation : la révision générale des politiques publiques (RGPP), lancée en juin 2007 par François Fillon. Pour le gouvernement, il s'agit de rendre la machine administrative plus efficiente tout en apportant un meilleur service aux administrés. 374 actions concernant tous les ministères ont ainsi été validées par Matignon. Mais là encore, les syndicats de fonctionnaires ne veulent voir que les 7,7 milliards d'économies que le gouvernement attend de cette RGPP à l'horizon 2011. La perspective du débat sur les retraites, qui devrait véritablement s'engager au lendemain de la réunion du 15 février entre Nicolas Sarkozy et les leaders syndicaux et patronaux, entretient également l'inquiétude. Fillon, auteur de la réforme de 2004, qui a en partie aligné le régime de retraite des fonctionnaires sur celui des salariés, ne cache plus que l'une des pistes explorées consiste à revoir le mode de calcul des pensions publiques pour le rapprocher de celui des salariés du privé, nettement moins avantageux. Les syndicats estiment qu'il s'agit d'une remise en cause du contrat qui lie les fonctionnaires à l'Etat. Peu leur importe que le régime de retraite des fonctionnaires ne soit plus viable avec 2,3 millions de cotisants pour 2,1 millions de retraités. Cette année, le budget de l'Etat devra supporter une charge de 46,6 milliards d'euros pour payer les retraites de ses anciens agents. Enfin, dernier sujet d'affrontement : la prochaine publication d'un décret d'application de la loi sur la mobilité des fonctionnaires votée l'été dernier à l'initiative d'Éric Woerth. Ce décret prévoit la mise en disponibilité d'office - pour parler simple le licenciement - d'un fonctionnaire refusant trois postes équivalents au sien en cas de réorganisation de son service. « Une sérieuse attaque contre le statut », affirmait cette semaine Jean-Claude Mailly, le patron de FO, très puissant dans le secteur public. Stratégie électoralement payantePolitiquement, le gouvernement a-t-il commis une faute, en accumulant les sujets de friction avec les fonctionnaires ? Invité d'Europe 1 mercredi, François Fillon a donné l'impression de vouloir désamorcer la polémique naissante sur le décret concernant la mise en disponibilité des agents. La veille pourtant, Éric Woerth trouvait la mesure « profondément normale ». Mais en admettant, comme l'affirment les syndicats soutenus en cela par la gauche, que l'éxécutif mène une offensive politique contre le public, la majorité peut finalement trouver cette stratégie payante. Les fonctionnaires n'ont en effet jamais constitué un vivier électoral important pour la droite. En revanche, en donnant à penser qu'il n'a pas peur de mener à bien des réformes impopulaires mais nécessaires, le pouvoir peut espérer remobiliser des électeurs qui semblent peu décontenancés à la veille des régionales. Enfin, l'échec de la journée de grève du 21 janvier dernier dans le fonction publique laisse croire que les fonctionnaires ne sont vraiment pas prêts à l'épreuve de force.

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