David Gordon-Krief, un avocat pour défendre les 880.000 professions libérales françaises

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Un tournant vient de s'opérer au sein de l'Union nationale des professions libérales (UNAPL). Depuis plusieurs années, cette confédération interprofessionnelle avait du mal à se faire entendre auprès des pouvoirs publics, et avait à sa tête des professionnels plutôt en fin de carrière. Une page qui se tourne avec l'élection, le 6 février, pour trois ans de son nouveau président : David Gordon-Krief, un avocat parisien d'affaires de 45 ans, cofondateur du cabinet SBKG & Associés. « Common Law » contre droit civilSon dynamisme est déjà bien connu au barreau de Paris. Membre du conseil de l'Ordre, ce diplômé de la fameuse université américaine de Columbia n'avait pas hésité à monter au front sur le rapport Doing Business d'une équipe de la Banque mondiale, qui, en retenant des critères fort discutables, mettait sur un piedestal les pays dits de « Common Law » au détriment de ceux ayant une culture de droit civil français. Comme président de la Fédération nationale des jeunes avocats (FNUJA), il est devenu membre de l'UNAPL. « J'ai découvert une colonne vertébrale pour tous les professionnels libéraux », explique David Gordon-Krief. Ce bosseur s'est vite pris au jeu, convaincu que les 880 000 professionnels libéraux en France avaient un véritable rôle à jouer pour faire avancer le pays.11 % du PIB français Sous sa présidence, il compte bien faire entendre leur voix auprès de Bercy et de Matignon et des autres organisations patronales (Medef, UPA...). D'autant que le poids économique de ce corps intermédiaire est important : un effectif de 1,6 million de salariés, un chiffre d'affaires représentant 11 % du produit intérieur brut (PIB), des structures correspondant à 20 % des entreprises françaises. Et ces professionnels libéraux sont en prise directe avec 5 millions de personnes au quotidien. L'UNAPL entend faire remonter les préoccupations de ses clients auprès des pouvoirs publics et formuler des propositions sur un projet de société, dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012.Le retour de BolkensteinFocalisé sur le lancement du statut d'auto-entrepreneur, le secrétaire d'État Hervé Novelli avait délaissé les professionnels libéraux. Le tir semble avoir été rectifié avec la remise, le 21 janvier 2010, du rapport de Brigitte Longuet pour une nouvelle dynamique de l'activité. L'UNAPL compte bien répondre aux 33 propositions formulées dans ce document, voire aller plus loin pour certaines d'entre elles. « Ma volonté est de repartir dans une offensive constructive », explique le nouveau président de l'UNAPL. Dans cette optique, David Gordon-Krief veut revoir l'organisation interne de la confédération, afin de la rendre plus efficace. Il compte s'entourer d'une petite équipe pour échanger en permanence et être réceptif aux critiques. « C'est vraiment ma façon de faire. Dans mon cabinet, je n'hésite pas à mettre deux ou trois collaborateurs sur un dossier pour favoriser les échanges », explique-t-il. Le nouveau président de l'UNAPL ne devrait pas tarder à s'exprimer sur un avant-projet de loi toujours en préparation à Bercy : la France aurait dû transposer avant la fin 2009 la directive européenne de 2006 sur les services (dite « Bolkestein »).

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