Calisolar produit des cellules solaires bon marché en Californie

Si la Silicon Valley s'appelle ainsi, c'est en raison du silicium, utilisé au départ dans la fabrication des semi-conducteurs qui équipent les appareils électroniques », rappelle Kamel Ounadjela, un ancien chercheur du CNRS, à Anne-Marie Idrac. Lors de sa récente visite en Californie, la secrétaire d'État au Commerce extérieur a tenu à soutenir les entreprises françaises installées sur place.Celle qu'a lancée Kamel Ounadjela, à Sunnyvale, en pleine Valley, sera prête à la production dans quelques semaines. L'usine ? plutôt un grand laboratoire, entièrement automatisé ou presque ? transformera de gros cailloux de silicium, une matière grise aux éclats brillants, venus du Québec (mais qui pourraient aussi bien être produits au Maroc ou en Chine) en énormes « lingots » rectangulaires, qui, découpés en fines lamelles, viendront ensuite équiper des panneaux solaires. Le tout pour un prix défiant toute concurrence, grâce à la fois au procédé initié par les chercheurs sur place et qui permet d'utiliser au mieux la matière première, le silicium, mais aussi aux machines ultra-sophistiquées qui équipent l'usine. Les ingénieurs de Calisolar ont ainsi été les premiers à développer le processus. Et même s'ils ne sont plus les seuls désormais, ils conservent une longueur d'avance sur leurs concurrents. Et profitent également d'avantages fiscaux offerts par l'État de Californie pour le déploiement d'un système à base d'énergie solaire, ce qui permet de réduire les coûts de production.« moins de 1 dollar »« En général, la fabrication d'une cellule solaire ? une petite plaque d'environ 10 centimètres carrés, teintée en bleu et striée d'un métal argenté, conducteur de chaleur ? revient à plus de 2 dollars pour Canadian Solar, par exemple, tandis que la société chinoise REC le fait pour un peu plus de 1 dollar, explique l'entrepreneur français. Mais grâce à notre technologie, nous allons faire descendre ce coût à moins de 1 dollar. » Grâce aussi à l'automatisation de l'usine. Car en Californie, la main-d'?uvre coûte beaucoup plus cher qu'en Chine, lieu choisi par d'autres fabricants de panneaux solaires pour leur production. Mais mieux vaut, selon ce spécialiste, être proche de son marché. Seul le transport des petites plaques bleues, extrêmement légères, serait nécessaire pour fabriquer ailleurs les panneaux solaires. C'est d'ailleurs ce que fera la Compagnie Nationale du Rhône (CNR), dans le sud-est de la France, avec qui Calisolar a noué un partenariat. Selon Calisolar, la CNR serait néanmoins intéressée aussi par une installation sur place, aux États-Unis, afin de profiter d'un marché en plein essor.levée de fondsSi la petite société californienne n'oublie pas ses racines françaises, elle vise beaucoup plus. « Nous avons déjà un projet pour 1 mégawatt d'électricité, et un autre pour 19 mégawatts. Les clients finaux seront des sociétés qui revendront l'énergie à des producteurs de la région pour commencer, comme Pacific Gas & Electricity », explique encore Kamel Ounadjela.À l'avenir, Calisolar pourrait également s'intéresser aux particuliers. « Il y a environ 110 millions de foyers aux États-Unis, le marché potentiel est énorme », se réjouit-il. Les investisseurs ne s'y sont pas trompés. La start-up californienne a déjà levé 100 millions de dollars, auprès de capital-risqueurs de la Silicon Valley, pour la seule construction de l'usine. De quoi produire 13 millions de petites plaques carrées bleues par an, le tout avec seulement 80 personnes, dont une majorité d'ingénieurs ? français et allemands pour la plupart. n

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