Carmen de Castro  :

En arrivant chez le joaillier Poiray comme directrice de la marque, il y a un peu plus de quatre ans, j'ai dû diriger une équipe composée de personnes très différentes. Il m'a fallu beaucoup de temps et d'énergie pour mettre en place un cadre de travail et modifier des habitudes. J'ai découvert des salariés qui avaient été cassés par les précédentes directions. Ils ne savaient plus pourquoi ils étaient là. Pourtant, il y avait parmi eux des gens courageux et professionnels, mais en total déficit de confiance en eux. Je suis une intuitive. J'aime voir la personne au travail et comprendre ce qui la motive. Et faire jouer tout l'orchestre dans le même mouvement. D'ailleurs, je ne dis jamais « assistante » mais « collaboratrice », car chacun doit produire des richesses et s'approprier le projet d'entreprise.Je me souviens avoir eu de réelles difficultés face à une équipe très réfractaire au changement. Le seul moyen de m'en sortir, c'était de montrer l'exemple et de m'investir à fond. Heureusement, je n'avais pas besoin qu'ils m'aiment pour avancer. Ça m'a sauvée. Aujourd'hui, je suis satisfaite parce que chacun a retrouvé l'estime de soi et sait quantifier son travail. Le responsable SAV, par exemple, ne savait pas si son service gagnait de l'argent ou en perdait, quels étaient les retours des clients. Nous avons mis des tableaux de bord en place. Aujourd'hui, il est fier de lui et s'est installé dans son poste. Il vaut quelque chose. Et si demain, il devait chercher du travail, il sera fort de sa compétence. Ce qui m'importe c'est que tout collaborateur soit sûr de ses compétences et sûr que grâce à lui l'entreprise avance. Je ne suis pas dans l'émotionnel, ni dans l'affect. Le monde du travail m'impose des gens que je n'ai pas choisis. À moi de faire avec. Le délit de sale gueule m'est insupportable. Il faut être juste et se dire que si la personne est mauvaise, il faut lui trouver une façon de s'améliorer. Je base mon management sur l'altruisme. En s'occupant bien de son équipe, on obtient des résultats étonnants. Cette méthode est gratifiante, car mes collaborateurs me le rendent au centuple.Pour en arriver là, j'avoue que j'en ai bavé. Amener chacun à une réussite personnelle pour viser la réussite collective, cela demande une énergie colossale. J'ai une conviction : on ne brille pas par la position qu'on occupe dans l'entreprise, mais par ce qu'on lui apporte. Maintenant, c'est possible, nous allons commencer à nous amuser. Quand il y a de l'harmonie dans une entreprise, on fait de beaux produits, les clients le sentent et les résultats sont là. Je voudrais que l'on considère, cette vision encore utopique comme la réalité du management de demain. » nnos chroniques carrièreLundi : portrait. Un « haut potentiel » passé au crible.Mardi : état-major. Les dirigeants clés d'une société.Mercredi : mieux dans mon job. Mieux être et mieux vivre au travail.Jeudi : l'expatrié. L'aventure des cadres hors de France.Vendredi : paroles de femme. Témoignage d'une dirigeante.Carmen de Castro, directrice de la marque Poiray

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