Contre-attaque

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Est-ce l\'effet de la nouvelle année? La journée de lundi en France était en tout cas placée sous le signe de la contre-attaque. Plutôt agir que subir. C\'est ce qu\'a décidé Air France en annonçant une vaste offensive en matière d\'offre commerciale. La compagnie française, suivant en cela les traces de certaines de ses homologues américaines, vient directement piétiner les plates-bandes des low cost, en faisant désormais payer la plupart des services : le bagage en soute, le choix du siège, un repas amélioré, un embarquement prioritaire... Bref, Air France offre à son client un service payant mais à la carte.La MétamorphoseL\'aérien est le secteur qui a été le plus métamorphosé depuis plus de deux décennies non seulement par la cherté du carburant, mais aussi par l\'arrivée de nouvelles concurrents, notamment asiatiques, et évidemment par les low cost qui, avec la dématérialisation des billets, la réduction des services... ont pu proposer les prix les plus compétitifs pour les consommateurs.La réaction d\'Air France est saine, elle vient illustrer la dynamisme du capitalisme où la meilleure stratégie consiste à s\'adapter à la nouvelle donne en transformant l\'innovation - qui n\'est pas nécessairement un processus complexe et coûteux - en avantage comparatif obligeant les autres acteurs à s\'adapter, à imiter, ou innover à leur tour.L\'offensive de FreeC\'est tout le contraire de ce que vient de faire Free (qui, faut-il le rappeler, a lui aussi bouleversé le secteur de la téléphonie mobile). La semaine dernière, l\'entreprise avait décidé unilatéralement de bloquer la publicité en ligne pour les internautes utilisant sa Freebox Revolution.  La décision a soulevé fort logiquement la bronca des régies publicitaires en ligne et des éditeurs de sites, qui y voient, outre une remise en cause des règles commerciales, un manque à gagner financier. Mais derrière cette décision, il y a aussi la volonté de Free d\'affronter le géant Google qui impose sa loi sur la toile, et dont le modèle économique repose uniquement sur la publicité.Aussi en exigeant lundi que Free suspende son filtrage du net, la ministre déléguée à l\'Economie numérique a réussi stratégiquement sa contre-attaque. D\'une part, elle rassure éditeurs et régies publicitaires et, d\'autre part, se pose en acteur incontournable pour un Google, qui aura vu que Free était prêt à l\'épreuve de force. Ainsi, Fleur Pellerin tente d\'occuper le centre du jeu, indispensable arbitre des discussions de la table ronde sur la neutralité du net, qui se tiendra le 15 janvier.Une place au soleilEnfin, le gouvernement a décidé de contre-attaquer sur le secteur du solaire. Ce marché, fortement subventionné au nom de la transition énergétique, est internationalement dominé par l\'Asie, en particulier la Chine, qui offre du matériel à des prix très compétitifs. C\'est la raison pour laquelle les acteurs français du secteur se réjouissent des diverses mesures annoncées dont la plus emblématique est l\'objectif de doubler la puissance installée initiale, de 500 à 1.000 MW photovoltaïques. Le gouvernement veut également soutenir la production locale de matériel, comme les cellules solaires, en favorisant par des tarifs préférentiels l\'achat du matériel français pour les installations dans l\'Hexagone.Certes, les appels d\'offre ne seront lancés qu\'en fin d\'année au mieux, mais le gouvernement affirme ainsi sa volonté de pérenniser à tout prix une place au soleil au secteur solaire français.

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