Boiron vise un développement international à haute dose

L'entreprise a enregistré pour 2010 un chiffre d'affaires de 520,38 millions d'euros, soit - 1,1 %, ce qui est loin de constituer une contre-performance après l'exercice flamboyant de l'année précédente avec une croissance de 12,7 % (526 millions d'euros) et un résultat opérationnel record (91,7 millions d'euros, + 61 %). « On s'attendait à un recul de - 5 à - 10 %, pour retrouver nos niveaux de progression annuels », commente Thierry Boiron, directeur général de l'entreprise familiale. Une bonne surprise donc pour la PME lyonnaise habituée à un rythme plus... homéopathique de 3 à 5 % par an. Précision : la hausse hors normes de 13 % en 2009 s'expliquait en grande partie par la médiatisation de la grippe A, qui a généré une ruée sur l'Oscillococcinum, le médicament vedette des laboratoires Boiron, pour la prévention et le traitement des états grippaux.Si le marché français s'est inscrit en retrait (- 3,4 %) en 2010, c'est l'international, avec une variation de + 1,7 % à taux courant, qui a permis à Boiron d'assurer un quasi-équilibre. 2011 devrait être d'ailleurs l'année où l'export va égaler pour la première fois l'activité France (55 % en 2010). Certes, Thierry Boiron se félicite de « l'intérêt croissant des médecins pour l'homéopathie en France » - un généraliste sur deux l'intègre dans sa pratique -, mais la dynamique reste avant tout portée par les pays européens, Russie en tête. Cinq ans seulement après avoir installé sa filiale à Moscou, l'entreprise lyonnaise y réalise un chiffre d'affaires de 45 millions d'euros (8,5%). Elle a investi dans la recherche, la communication scientifique et médicale et noué des partenariats avec des organismes (Croix-Rouge) pour promouvoir ses produits dans un pays traditionnellement ouvert à l'homéopathie. L'Italie (7,5 %) assure une place de deuxième marché hors France avec une filiale désormais directement gérée par Christian Boiron, le président, qui a construit l'image sociale innovante de l'entreprise. Ambitions américainesLa PME regarde aussi plus loin. Depuis quelques mois, elle s'est implantée au Brésil, pays à forte vitalité homéopathique et très concurrentiel, considéré comme un « relais de croissance d'ici six à sept ans ». Idem pour le Mexique « d'ici à 3 ans », redevenu prioritaire, où l'activité est redéployée après quinze ans de présence difficile. Les deux géants latino-américains devraient renforcer sur le continent américain l'activité des États-Unis et du Canada (42 millions d'euros de chiffre d'affaires, - 4 %). Les objectifs de croissance à l'international sont ambitieux. Pour y répondre, Boiron prévoit d'agrandir son site principal de production à Messimy (Rhône), créé en 1995, occupant plus de 20.000 m2 sur 16 hectares. Les négociations sont en cours pour libérer le foncier nécessaire au projet d'extension qui reviendrait à doubler les capacités du site entre 2014 et 2020. En attendant, l'entreprise va investir 50 millions d'euros en 2011 dans la modernisation de son système informatique et de ses équipements industriels sur ses quatre sites de production : outre Messimy, Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône, siège social), Montrichard (Loir-et-Cher), Montévrain (Seine-et-Marne). Ces derniers et les 31 centres de distribution emploient 2.800 personnes en France (4.000 dans le monde).

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