La machine Harlequin accélère avec le numérique

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Les livres qui marchent déjà bien en version numérique, ce sont les polars et le roman sentimental », expliquait récemment le président de la Fnac en présentant sa liseuse numérique, le Fnacbook. Ce n'est pas Stéphane Aznar, directeur général des Éditions Harlequin en France qui va le contredire. Le leader incontesté du roman à l'eau de rose a beau afficher une santé insolente avec plus de dix millions de livres estampillés Harlequin et vendus chaque année en France, il n'entend pas rater le virage du numérique. Cela fait d'ailleurs depuis plus de cinq ans que la maison est déjà sur la Toile grâce à un site particulièrement actif.« Nous avons initié le numérique dans notre stratégie très tôt car par essence, le roman Harlequin a toute sa place en version numérique », explique Stéphane Aznar. Le format poche est toujours doté d'une couverture kitch identifiable grâce au regard énamouré que les héros se lancent ; le roman Harlequin n'est pas vraiment le livre qui trône en priorité dans une bibliothèque. Sans compter que sur les 3 millions de lectrices régulières, certaines n'assument pas toujours de lire « un » Harlequin. Une liseuse numérique est alors la solution parfaite pour savoir discrètement s'ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. Avec une tablette, personne ne sait si on est entrain de lire le dernier Houellebecq ou « Un patron très troublant », le dernier de chez Azur, la collection phare de chez Harlequin...« Le potentiel est énorme »Un débat dans lequel Stéphane Aznar ne veut pas entrer, préférant poursuivre sur l'avenir radieux du livre numérique au sein de son groupe. « On a la chance d'être une filiale à 50 % d'Hachette Livre - numéro 1 Français de l'édition, propriété de Lagardèrerave;re - qui a toujours été précurseur dans le numérique et nous avons bénéficié des accords signés avec la Fnac ou plus récemment avec Apple », explique le directeur général d'Harlequin. Du coup, près de 300 livres de la maison sont depuis l'année dernière en vente sur l'iPad, l'iPhone ou l'iTouch au prix de 2,99 euros, contre 3,85 euros en version poche. Sur les 34 millions d'euros de chiffre d'affaires réalisés en 2010, 1 % provenait du numérique, explique Stéphane Aznar qui se refuse à donner la moindre prévision. Mais il reconnaît que « le potentiel est énorme ». Et que les 15 % à l'horizon 4-5 ans donnés par Arnaud Nourry, le président d'Hachette Livre, ne lui semblent pas farfelus. Derrière la petite maison française qui emploie quelque 200 personnes, il y a la maison mère canadienne du même nom qui détient 50 % d'Harlequin France. Créées il y a 66 ans, les Éditions Harlequin appartiennent au groupe canadien Torstar Corporation, l'éditeur du « Toronto Star ». Depuis leur création, elles ont vendu 5,76 milliards de romans d'amour en 32 langues. Toutes les 4 secondes, il se vend un livre Harlequin dans le monde !« Le génie d'Harlequin a été d'apporter ses livres à la femme là où elle fait ses courses, à savoir les grandes surfaces », explique Stéphane Aznar. Son autre point fort, « c'est d'avoir su se diversifier ». En 2004, Harlequin a décidé de ne plus se cantonner à l'édition de romans sentimentaux. Pas question bien sûr de laisser tomber ses romans d'amour en poche qui font toujours son succès et dont les collections « sont régulièrement relookées ». Mais, pour devenir également « un acteur de la littérature féminine grand public », Harlequin a lancé différentes collections comme « Mira », autour des thrillers et des histoires policières, « Jade », spécialisée dans les sagas, ou plus récemment « Darkiss », dédiée au sentimental paranormal. DiversificationPari réussi puisque les romans d'amour « ne » contribuent plus que pour 70 % des recettes de l'éditeur. Les titres de ces nouvelles collections où la lectrice est certaine de retrouver entre deux crimes ou deux drames familiaux une passionnante histoire d'amour, sont en édités en grand format et vendus 13,50 euros l'unité.

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