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La fin de l'ère de l'or, vraiment?

La Tribune

Publié le 09 avril 2013 à 21:04 - Mis à jour le 09 avril 2013 à 21:04

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Est-ce la fin de la bulle de l\'or? A en croire une étude publiée par la Société générale, on pourrait volontiers le supposer. \"Après avoir connu un pic à 1.900 dollars l\'once en septembre 2011, le cours de l\'or n\'a cessé de baisser depuis\", rappelle l\'économiste Philippe Herlin. Et selon les analyses de la Société Générale, son cours devrait tourner en moyenne autour de 1.500 dollars en 2013 -comme actuellement- et pourrait descendre jusqu\'à 1.375 dollars vers la fin de l\'année. L\'étude n\'est guère optimiste pour le futur.\"L\'or est un actif à risque\"Depuis la fin des années 1990, le cours de l\'once n\'avait cessé de croître, progressant de 15 à 20% par an. Selon Patrick Legland, analyste à la Société Générale, la montée du prix de l\'or pouvait s\'expliquer par trois facteurs: le risque systémique, le risque d\'inflation et des taux d\'intérêts réels négatifs.Trois facteurs qui, selon l\'analyste financier, ne seraient plus d\'actualité. Patrick Legland estime ainsi que le risque systémique s\'est fortement réduit aujourd\'hui. Quant aux taux d\'intérêts réels, ils vont progressivement redevenir positifs eu égard à l\'évolution du coût de l\'argent,  notamment aux Etats-Unis. Selon lui, les banques centrales créent de la monnaie mais le volume en circulation resterait stable. Ce qui expliquerait le fait que le cours de l\'or -baromètre de la situation monétaire- soit désormais sur une pente descendante.Résultat: \"l\'or est aujourd\'hui un actif à risque sur le plan financier\", estime Patrick Legland. Le cours de l\'once n\'étant pas parti pour se redresser, mieux vaut donc, selon lui, \"prendre ses bénéfices\". Pourquoi investir dans un actif ayant une volatilité élevée  et qui n\'a pas de rendement? \"L\'once reste une valeur refuge\"Un point de vue que l\'économiste Philippe Herlin ne partage pas du tout. Selon lui, l\'or demeure avant tout une valeur refuge et reste un bon investissement. Contrairement à ce qu\'annoncent les résultats de l\'enquête de la Société Générale, le cours de l\'or va, d\'après lui, augmenter.L\'économiste commence ainsi par réfuter en bloc les trois arguments invoqués par les analystes de la banque. Et  d\'expliquer ainsi que les taux d\'intérêts réels ne sont pas près de devenir positifs. Et pour cause, si la Fed augmentait ses taux, le budget américain risquerait de se voir étranglé. A cet égard, le Financial Times daté du 7 avril rappelle que les minutes du Comité de politique monétaire de la réserve fédérale américaine (FOMC) du mois de mars seront publiées mercredi. Celles-ci devraient indiquer si la Fed compte arrêter plus tôt que prévu son soutien massif à la reprise économique, qui maintient notamment une pression à la baisse sur les taux d\'intérêt.De plus, Philippe Herlin estime que le risque systémique est toujours là, notamment dans la zone euro. Contrairement à ce qu\'a récemment avancé le FMI, l\'expert estime ainsi que la déroute chypriote n\'est pas à exclure pour d\'autres pays européens. \"En effet, lorsqu\'un Etat ne peut plus faire face à sa dette, il existe trois possibilités: l\'inflation, la faillite bancaire et désormais la ponction bancaire\", analyse Philippe Herlin.Enfin, le risque d\'inflation existe bel et bien: \"on considère que l\'inflation est à 2%. Mais il s\'agit de l\'indice des prix à la consommation, qui sont soumis à une concurrence internationale\", analyse l\'expert. Cet indice ne prend donc pas en compte les actifs comme la hausse des matières premières ou la hausse de l\'immobilier. Ce qui, de fait, biaise l\'indice.\"Le cours de l\'once va forcément augmenter\"\"C\'est également le cas de l\'indice progrès technique\", poursuit l\'économiste. Les produits technologiques pèsent à la baisse sur l\'indice des prix. Les instituts statistiques considèrent en effet que l\'achat d\'un produit technologiquement \"plus avancé\" revient moins cher au consommateur parce que celui-ci \"en a plus pour son argent\". Prenons l\'exemple d\'un consommateur qui aurait acheté son iPad 2 au même prix que l\'iPad 1. Les instituts estiment alors que l\'iPad 2 a coûté moins cher à l\'acheteur que l\'iPad 1. En réalité, \"l\'inflation réelle est donc supérieure à 5%\", conclut l\'expert.En outre, \"on n\'a jamais fait tourner la planche à billets sans que les prix ne dérapent\", poursuit Philippe Herlin. Cela a toujours entraîné une hausse du prix de l\'or. Or, force est de constater que \"l\'on n\'a jamais autant fait tourner la planche à billets\". Le cours de l\'once va donc forcément augmenter.\"Mieux vaut acheter de l\'or que de la dette française\"Revenant sur la théorie d\'une baisse prolongée du prix du métal jaune, Philippe Herlin tente une explication. Il existe selon lui une manipulation de la consommation de l\'or, car si son cours augmente, cela signifie qu\'il y a une défiance à l\'égard des monnaies. Les investisseurs se tournent alors vers d\'autres actifs comme des bons d\'Etat français ou allemands qui sont solides. \"Mais aujourd\'hui mieux vaut acheter de l\'or que de la dette française. C\'est un placement à long terme. Il ne faut pas s\'inquiéter d\'une baisse temporaire du cours de l\'once\", assure l\'économiste.Prenons le cas d\'une faillite bancaire par exemple. \"Avec des lingots, les agents économiques sont à l\'abri d\'éventuelles ponctions sur leurs dépôts bancaires\", explique l\'expert qui s\'étonne d\'ailleurs que la crise chypriote n\'ait pas engendré une augmentation du cours de l\'or.Reste le fonds, si l\'on ose dire. Pour Philippe Chalmin, économiste et professeur à l\'Université Paris-Dauphine, l\'or est avant tout \"un placement idiot\" qui ne rapporte rien. \"D\'un point de vue éthique et moral c\'est un investissement qui ne sert à rien. C\'est juste un bon indicateur du \'trouillomètre\'\", analyse-t-il. Et de poursuivre: l\'argent, \"il faut que ça travaille\". Avant de conclure sur une citation de Warren Buffet. \"A quoi sert de creuser la terre afin de trouver de l\'or pour ensuite aller enfermer des lingots au fin fond du coffre-fort d\'une banque que l\'on doit payer?\"

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