Les rêves cachés de Georges Pauget

 |   |  319  mots
« I have a dream », aurait pu dire Georges Pauget. Dès son arrivée en 2005 à la tête de Crédit Agricolegricole SA, ce docteur en sciences économiques rêve de faire prendre un nouveau grand virage au groupe après la cotation en Bourse et le rachat du Crédit Lyonnais, en 2003, dont il fut le maître d'?uvre. Son objectif : déverrouiller la lourde structure du groupe de l'emprise des caisses régionales qui détiennent 54 % de l'organe coté. Elles ont entre leurs mains le pouvoir mais surtout leurs 20 milliards d'euros de fonds propres. De fait, Crédit Agricolegricole n'a pas la main sur son réseau des caisses régionales.Georges Pauget veut supprimer ce système de pyramide inversée. Son idée est assez simple : sortir le fonds de commerce des caisses régionales et l'apporter à Crédit Agricolegricole SA comme une filiale. La Fédération nationale resterait première actionnaire mais en ne conservant qu'un pouvoir politique. Elle deviendrait en quelque sorte une fondation comme elles existent dans les banques mutualistes italiennes. Cette nouvelle structure permettrait à Crédit Agricolegricole SA de contrôler tout son réseau et sa richesse. Mais pour convaincre les caisses régionales d'accepter cette révolution, Georges Pauget sait qu'il faut leur offrir une acquisition majeure qui les propulserait à la tête du marché bancaire français et surtout devant l'ennemi juré : BNP Paribas. C'est dans cette optique qu'il réfléchit au début de l'année 2008 à se rapprocher de la Société Généralecute; Générale. Mais très vite, la réalité de la crise rattrape ses rêves. Les pertes de la banque de financement et d'investissement Calyon obligent les caisses régionales à recapitaliser Crédit Agricolegricole SA. Elles en profitent pour cadenasser un peu plus la Banque verte et emprisonner à jamais les rêves de Georges Pauget. Matthieu Pechberty

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :