Crise de vocation pour la filière des médecins généralistes
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La médecine générale connaît une profonde crise des vocations. En 2009, sur les 3.333 postes ouverts à l'issue du deuxième cycle des études de médecine, 612 postes menant à la carrière de généraliste sont restés vacants. « Les étudiants préfèrent redoubler plutôt que de choisir l'internat en médecine générale, constate Martial Olivier-Koehret, président de MG France, premier syndicat de médecins généralistes. Depuis deux ans, le gouvernement a ouvert plus de postes de futurs généralistes que de futurs spécialistes, mais le rééquilibrage ne s'opère pas, les postes pris restent majoritairement des postes de spécialistes. » La médecine générale recense désormais plus de médecins arrêtant leur activité que de praticiens commençant à exercer. D'où l'émergence de déserts médicaux et de difficultés d'accès aux soins. Autre constat inquiétant : parmi les jeunes qui ont choisi la médecine générale, seule une minorité décide de s'installer en libéral. Au total, moins de 10 % d'une promotion devient généraliste en cabinet. « Les jeunes généralistes préfèrent devenir salariés, à l'hôpital ou dans les maisons de retraite. Les collectivités locales embauchent également, pour les PMI ou la médecine scolaire, et l'assurance-maladie cherche des médecins-conseils. Il existe au total des milliers de postes disponibles, et beaucoup de généralistes enlèvent leurs plaques pour devenir salariés », poursuit Martial Olivier-Koehret. Trop de contraintes« Les jeunes généralistes n'osent plus s'installer en cabinet, tant les contraintes sont fortes, financières et psychologiques, si bien que trois jeunes sur dix choisissent de ne faire que des remplacements, ce qui peut leur permettre de ne travailler que trois jours par semaine, renchérit Patrick Romestaing, du Conseil national de l'Ordre des médecins. C'est un problème de mentalité, à l'époque des 35 heures. » En cause, donc, la charge de travail ? jusqu'à 60 heures par semaine ?, les gardes de nuit, l'isolement des médecins de campagne ou les écarts de revenus avec les spécialistes. « La situation est très sérieuse », selon le professeur Jean-François Bach, secrétaire perpétuel à l'Académie des sciences, qui préconise des mesures incitatives (logements gratuits), mais ne serait « pas choqué que les étudiants aient à accomplir une sorte de service civil en pratiquant pendant un an la médecine générale ». Véronique Chocron612 postes de généraliste sont restés vacants sur 3.333 ouverts en 2009.
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