Un vent de défiance pour Nicolas Sarkozy

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On le soupçonnait d'être plus à l'aise en capitaine flamboyant qu'en membre discipliné de l'équipage européen. L'Eurotribune le confirme : Nicolas Sarkozy de 2009 laisse nos confrères de la presse européenne dubitatifs, alors que le président du Conseil qu'il fut en 2008 avait été porté sans peine en tête du classement. On lui reconnaît certes un sens aigu du leadership. Mais son crédit pour ce qui est du respect des règles du jeu économique européen est au plus bas : il arrive 25e sur 27 pour ce qui est du marché intérieur. « Son comportement dénote des tendances nationalistes et protectionnistes », tranche un juré. Un résultat embarrassant au moment où le Français Michel Barnier prend, précisément, la responsabilité du Marché intérieur à la Commission européenne. « ni perdants ni gagnants »Les contradictions du président français font douter de sa sincérité. En Europe, il n'y a « ni perdants ni gagnants », explique-t-il, bon joueur, le 19 novembre, à l'issue du sommet européen express qui voit l'élection de « son » candidat, le Belge Herman Van Rompuy, à la présidence du Conseil. Le 28, le voilà qui fanfaronne le « triomphe » des idées françaises après qu'il a obtenu pour Michel Barnier un portefeuille couvrant la régulation financière. En déclarant que « les Anglais sont les grands perdants de l'affaire », l'hôte de l'Élysée ne brise pas seulement le tabou des influences nationales qui minent la Commission. Il place aussi son candidat dans une situation impossible. « Maladroit », tranche un juré. Mais méritait-il vraiment cette 9e place, entre l'Espagne José Luis Zapatero et le Polonais Donald Tusk, lui qui a n'a pas ménagé sa peine pour préparer Copenhague et met tout son poids dans la réforme de la régulation financière européenne ? Probablement pas. La déception qu'il suscite est à la mesure de l'enthousiasme qu'avait soulevé sa présidence du Conseil : excessive.F. A., à Bruxelle

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