Le clivage Nord-Sud reprend le dessus

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ommet de CopenhagueLa tension monte autour de la table des négociations à Copenhague. Mercredi, un groupe de travail consacré à la formalisation juridique de futur accord a suspendu ses travaux. Quant à la méthode utilisée par la présidence danoise, représentée par la ministre de l'Environnement, Connie Hedegaard, elle fait vivement réagir les pays du Sud. Cette dernière est accusée de multiplier les rencontres en petit comité afin de faire émerger un projet d'accord informel. « Ils craignent que la présidence préempte le résultat de la conférence en imposant discrètement un texte trop déséquilibré en faveur des intérêts du Nord », s'impatiente Élise Buckle, responsable du climat pour WWF France. D'ailleurs, ajoute-t-elle, « les pays émergents veulent contre-attaquer en publiant leur propre projet ».Alors que se prépare un bilan officiel de la première semaine de négociations pour samedi, juste avant l'arrivée des ministres, les pays du Sud refusent de laisser le champ libre aux négociateurs du Nord. Sur les objectifs de réduction des émissions des pays industrialisés comme sur leurs promesses d'aide financière, ils estiment que le compte n'y est pas, même si, mercredi, la pérennité du protocole de Kyoto ne semblait pas mise en cause par le texte danois. Même l'Europe ne convainc plus avec son offre d'une réduction de 20 % de ses émissions d'ici à 2020, voire de 30 %. Selon Élise Buckle, Bruxelles affiche une ambition au rabais, ayant déjà en réalité accompli une partie du chemin.financementsSur les financements, les pays du Sud redoutent un simple recyclage des aides publiques au développement. Les pays du Nord entretiennent un certain flou sur la façon de satisfaire des besoins qui ont été chiffrés à 100 milliards d'euros l'an d'ici à 2020 par l'Union européenne. Et le Conseil européen qui se tient à Bruxelles jeudi et vendredi risque de ne pas apporter d'éclaircissement. Pour sortir de l'impasse, le Royaume-Uni, l'Australie, le Mexique et la Norvège cogitent sur la création d'un « fonds vert ». Mais il s'agit surtout d'envisager la création de nouvelles sources de financement. Laurent Chemineau

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