La nouvelle régulation bancaire pourrait coûter 3 points de croissance

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Quel sera l'impact des différentes mesures destinées à durcir le cadre réglementaire bancaire ? C'est la question sur laquelle s'est penché l'Institute of International Finance (IIF), qui représente près de 400 institutions financières dans le monde. Son diagnostic est sans équivoque : les réformes réglementaires coûteront 3 points de croissance cumulés dans les cinq prochaines années aux États-Unis, dans la zone euro et au Japon. Et pourrait se solder indirectement par la destruction de près de 10 millions d'emplois. Plus précisément, l'IIF estime que les réformes en cours amputeront de 0,6 % par an la croissance du produit intérieur brut (PIB) dans ces trois régions du monde entre 2011 et 2015, puis de 0,3 % en moyenne jusqu'en 2020. La zone euro serait la plus touchée, avec un PIB grevé de 4,3 % d'ici 2015, contre ? 2,6 % aux États-Unis et ? 1,9 % au Japon. Sur le Vieux Continent, la nouvelle réglementation empêcherait la création de près de 5 millions d'emplois, estime l'IIF. « Sécuriser le système bancaire a un coût et ce prix sera inévitablement supporté par l'économie réelle », a déclaré Peter Sands, directeur général de Standard Chartered et directeur de l'IIF. Pour Josef Ackermann, président du directoire de Deutsche Bank, les participants du G20 et les autorités de régulation ont le devoir « d'examiner soigneusement le contenu, le calendrier et le calibrage des réformes de réglementation bancaire proposées, en gardant à l'esprit le frein potentiel qui pourrait en résulter sur l'activité économique ». Plusieurs projets de réforme suscitent des craintes chez les acteurs du secteur bancaire. Au premier rang desquelles figure Bâle 3. En décembre dernier, l'auteur de ce corpus de règles, le Comité de Bâle, qui réunit les principaux régulateurs nationaux, avait publié ses propositions pour consultation. Certaines d'entre elles, comme la mise en place de provisions dynamiques ou la création d'un ratio de liquidité à un an, avaient rapidement été pointées du doigt par les lobbys financiers pour leur coût en capital et, in fine, leur impact sur le financement de l'économie. Une position renforcée par d'autres initiatives nationales et internationales, comme la double taxe FMI, assise sur les risques et les résultats des banques. MobilisationD'après Credit Suisse, l'ensemble de ces nouvelles règles pourrait coûter 244 milliards d'euros aux seuls établissements européens. Selon l'IIF, au niveau mondial, les acteurs du secteur bancaire auront besoin d'environ 700 milliards de dollars (578,28 milliards d'euros) de capitaux propres et de 5.400 milliards de dollars de financements de long-terme si les projets réglementaires sont appliqués en l'état. Des deux côtés de l'Atlantique, l'heure est donc à la mobilisation pour tenter de faire bouger les lignes. Les cases du 26 et 27 juin sont déjà noircies dans le calendrier des banquiers et de leurs organes de représentation. Au cours de ces deux jours, les pays membres du G20 se rencontreront au Canada afin de discuter, notamment, des avancées de la réforme de la régulation financière et des nouvelles orientations à lui donner. n

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