Attention, risque de guerre

 |   |  406  mots
La crise va bientôt souffler sa troisième bougie. Et pour Philippe Dessertine, professeur à l'université de Paris Ouest et directeur de l'Institut de haute finance à Paris, « l'après-crise » n'est pas pour demain. L'auteur poursuit son travail de décryptage - commencé dans son précédent ouvrage « Ceci n'est pas une crise (juste la fin du monde) »  - d'une crise sans précédent depuis les années trente et lance un nouveau cri d'alerte en s'attaquant cette fois-ci à un tabou : la guerre, « la grande, celle qui pourrait nous affecter dans les pays développés pourrait être le produit plus ou moins direct de la crise ». Il ne s'agit pas de sombrer dans des prédictions apocalyptiques pour attirer l'attention, mais bien de faire comprendre les véritables enjeux. Oui, insiste Philippe Dessertine, notre monde de rêve peut vite tourner au cauchemar. Et pour bien appuyer là où cela fait mal, « Le monde s'en va-t-en guerre » débute sur le pire des scénarios, la guerre nucléaire. Et pour autant qu'on le sache, tous les points de la planète sont désormais à portée des ogives chinoises ! « Quand la Chine s'arme, soyons clairs, ce n'est pas pour se défendre », avance l'auteur. Pourquoi une guerre ? Parce que cette crise a provoqué l'effondrement des fondations de notre système économique, que des points de tension extrême apparaissent tout le long d'un arc qui va du Proche-Orient à la Corée du Nord ou que les relations, déjà troubles, entre la Chine et l'Occident se délitent. Mais le grand fauteur de troubles reste les États-Unis, qui ont dopé artificiellement leur économie par la dette. Toute la question est de savoir si l'Amérique est prête à payer la facture, c'est-à-dire à accepter de gros sacrifices et l'abandon de l'étalon dollar. Philippe Dessertine n'est ni historien, ni stratège en géopolitique, mais économiste. C'est par conséquent en économiste qu'il scrute toutes ces lignes de fracture. C'est sans doute le principal intérêt du livre. Bien évidemment, le scénario du pire peut être évité grâce au... capitalisme et à la finance ! Rénovés bien évidemment, avec un souci de transparence privée et publique. Un air de déjà lu, comme s'il fallait beaucoup de bonne volonté pour sauver le monde. E. B. « Le monde s'en va-t-en guerre », par Philippe Dessertine. Anne Carrière éditions (292 pages, 18 euros).

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :