« Les entreprises russes ont raison de se plaindre de la corruption ? »

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« S'il y a bien quelque chose qui fonctionne en Russie, c'est la corruption », aiment à plaisanter les Russes. A l'époque de l'Union soviétique, les plaisanteries portaient sur les pénuries générées par le système communiste. Aujourd'hui que les magasins sont pleins - ce qui n'est pas toujours le cas des portes monnaies - la corruption est devenu le principal sujet de « choutka » (blague). Arkadi Dvorkovitch, conseiller économique du président Dmitri Medvedev, n'élude pas la question. « C'est devenu un problème systémique. Les entreprises russes et étrangères ont raison de s'en plaindre », explique le jeune conseiller. Un sondage de PricewaterhouseCoopers révèle que 71 % des entreprises ont été victimes d'un « crime économique » au cours de l'année écoulée. Et, la corruption ferait grimper les coûts de production de 40 %, selon l'organisme russe Committee to Fight Corruption. Un ballon de baseball exposé dans son vaste bureau rappelle que l'économiste est passé par l'université de Djuk en Caroline du Nord. Situé à l'extérieur du Kremlin, le bâtiment a abrité le siège du parti communiste soviétique. « Leonid Brejnev a occupé ce même bureau lorsqu'il en était premier secrétaire », s'amuse Arkadi Dvorkovitch qui n'a même pas 40 ans. renforcer la transparence« Le problème étant systémique, la lutte contre la corruption ne peut être que systémique », poursuit Arkadi Dvorkovitch qui est également le sherpa de Dmitri Medvedev pour les G8 et les G20. La situation, si elle est loin d'être réglée, est selon lui en train de changer. « Depuis quelques mois, les sanctions pour corruption ont fortement augmenté afin que les gens comprennent qu'ils risquent la prison ». Le kremlin a lancé il y a quelques mois un vaste plan anticorruption passant notamment par un alourdissement des sanctions pénales contre les fonctionnaires corrompus. Afin de renforcer la transparence, les décisions de justice seront systématiquement rendues publiques et les procédures d'appels d'offres pour les marchés publics seront renforcées. Mais surtout, explique Arkadi Dvorkovitch, « nous allons passer à l'administration électronique pour minimiser les contacts directs entre les fonctionnaires et les acteurs économiques ». La lutte contre la corruption butte en partie sur le pouvoir des régions. « Les gouverneurs du région ont davantage de pouvoir que le ministre de l'intérieur sur les organismes de contrôle de la circulation routière », admet Arkadi Dvorkovitch. Dmitri Medvedev a récemment lancé une « opération mains propres » dans la police. Deux vice-ministres de l'intérieur ont été remplacés par des hommes de confiance. Une initiative qui illustre l'émancipation progressive de Dmitri Medvedev de son mentor Vladimir Poutine. Officiellement, il n'y a toujours pas de candidat pour l'élection de 2012. Mais on prête à Dmitri Medvedev l'ambition de se présenter pour un second mandat. « S'il se porte candidat, je voterai pour lui, mais ce n'est pas à moi de dire s'il a pris sa décision », explique sans sourciller le conseiller économique. Xavier Harel, à Moscou

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