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Norvège : l'alternance, mais pour quoi faire ?

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Publié le 10 septembre 2013 à 21:02 - Mis à jour le 10 septembre 2013 à 21:02

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Huit ans après son arrivée au pouvoir, le premier ministre norvégien sortant, le travailliste Jens Stoltenberg, a subi une nette défaite électorale lundi. Sa coalition de gauche n\'a obtenu que 72 sièges sur les 173 du Storting, le parlement norvégien. En 2009, il en avait obtenu 86. C\'est donc sans doute la chef de file du principal parti conservateur, Erna Solberg, qui devrait occuper pour les quatre prochaines années le 18 de l\'Inkognitogata, la résidence du premier ministre du royaume. Le traumatisme de 2011Cette défaite a de quoi surprendre, a priori. Depuis le dernier scrutin de 2009, le pays a été secoué par le drame des attentats d\'Anders Breivik le 22 juillet 2011 qui ont fait 77 victimes et qui ont visé le parti travailliste norvégien. Anders Breivik avait par ailleurs quelques liens avec le Parti du Progrès (Frp), parti ultraconservateur et anti-immigration qui, depuis le milieu des années 1990, occupe la troisième place dans l\'échiquier politique norvégien et avait toléré le dernier gouvernement de droite de Kjell Magne Bondevik entre 2001 et 2005.Bonne santé économiqueL\'émotion suscitée dans le pays par ces attentats devait logiquement être favorable aux Travaillistes et à Jens Stoltenberg. Dans les mois qui ont suivi l\'attaque, sa popularité avait atteint des niveaux inédits. D\'autant que l\'économie norvégienne est demeurée plus que résistante aux secousses de la crise mondiale. L\'importance du secteur énergétique et la non-adhésion à l\'UE et à l\'euro ont laissé le pays à l\'abri des secousses du vieux continent. Le PIB « de la terre ferme » qui exclut la production énergétique, a ainsi progressé de 2,5 % en 2011 et 3,4 % en 2012. Il est certes attendu en décélération cette année (la banque Nordea table sur 2 %), mais le chômage reste très bas, aux alentours de 3,5 % de la population active. Quant à la consommation des ménages, elle demeure soutenue avec des taux de croissance de 2,5 à 3 % par an.>> Lire aussi : La Norvège ne sait pas quoi faire de ses 760 milliards de pétrodollarsDe bonnes raisons de remercier la gauche ?Malgré tout, les Norvégiens ont remercié Jens Stoltenberg. On chercherait en vain les raisons de cette séparation. Certes, l\'inflation s\'est accéléré en août à 2,5 % sur un an contre 1,8 % en juillet, ce qui a pu créer des mécontentements. Mais le mouvement est très récent. Certes, il y a eu quelques critiques concernant la gestion des forces de sécurité après les attentats de 2011. Mais est-ce une raison pour choisir un centre-droit qui, durant la campagne, s\'est dit prête à s\'allier avec le Frp. Certes encore, la Norvège connaît un taux de prélèvements obligatoires important (43,2 % du PIB en 2011 selon OCDE), et les citoyens pouvaient être sensibles aux promesses de baisses d\'impôts de la droite. Mais d\'une part ce taux est inférieur à celui des pays voisins (le taux est de 48,1 % au Danemark, 44,5 % en Suède) et, d\'autre part, il n\'a, jusqu\'ici, gêné ni les investissements, ni la consommation.La question de l\'immigrationLe seul vrai sujet discriminant est celui de l\'immigration, que le Frp a imposé comme un sujet majeur depuis vingt ans. Et si le Frp a connu sa première défaite électorale depuis 1995, cédant 6 points, il reste un parti incontournable avec près de 17 % des voix et 29 députés. La victoire de la droite prouve en réalité que ce thème du droit d\'asile et de l\'immigration reste majeur pour les citoyens norvégiens et que le FrP n\'a pas été entièrement discrédité par les événements de 2011.LassitudeMais la défaite de Jens Stoltenberg s\'expliquera sans doute d\'abord par la lassitude, par la volonté de voir une nouvelle équipe arriver au pouvoir. En bref, par l\'ennui d\'un pays prospère dont le principal problème est de trouver les bonnes méthodes pour gérer sa fortune pétrolière, ce fonds souverain de près de 600 milliards d\'euros. Les Norvégiens ne seront sans doute pas déçus. La constitution d\'une coalition de cinq partis risque d\'être délicate. Déjà, le Frp a exigé cinq ministres et un durcissement de la loi sur le droit d\'asile, ce qui gêne beaucoup le principal parti conservateur, Høyre. De quoi briser un peu l\'ennui pendant quelques semaines. >> Lire aussi : Norvège, les malheurs d\'une économie qui se porte trop bien

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