Économies dans l'armement : ce que l'Europe conseille aux États

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Avec des dépenses militaires en chute libre partout en Europe, l'industrie de la défense devrait accueillir avec un certain soulagement l'arrivée d'un nouveau directeur exécutif à la tête de l'Agence européenne de défense (AED). Il s'agit d'une diplomate française qui prendra ses fonctions le 17 janvier. Non que Claude-France Arnould, qui dirigeait jusqu'à présent les opérations de gestion de crise, notamment en Géorgie et dans la Corne de l'Afrique, dispose d'un chéquier magique. Son budget n'est que de 30 millions d'euros : une goutte d'eau dans l'océan des budgets d'équipement et de recherche militaire (R&D) publics européens (44 milliards d'euros en 2009).Mais cette ancienne responsable du secrétariat général à la défense nationale compte se servir des coupes budgétaires comme d'un levier. « Le poids de la crise financière fait que si l'agence propose quelque chose, ce sera acheté par les ministres », assure une source bruxelloise. « Le paradoxe actuel est que les États membres veulent augmenter leurs capacités tout en réduisant leur budget », ajoute-t-elle. Plutôt qu'un grand dessein, Claude-France Arnould veut réunir des projets ciblés et ponctuels pour faire des « économies concrètes » sur, par exemple, la protection contre les engins explosifs artisanaux (IED), la principale cause de décès en Afghanistan.Elle n'est pas aidée par le bilan de l'Agence, créée en 2004. Si les États membres réalisent plus de 20 % de leurs dépenses d'investissement et 13 % dans la R&D dans le cadre de coopérations transnationales, c'est en général hors du cadre de l'Agence. Au nombre de ses succès, on peut toutefois citer la formation des pilotes d'hélicoptères ou encore l'insertion des drones (avions sans pilote) dans le trafic aérien, dont 150 millions d'euros de budget ont été financés avec Bruxelles.Le moindre des obstacles que devra surmonter Claude-France Arnould n'est pas la franche hostilité de la direction générale de l'armement dont elle n'était pas la candidate. Le ministre de la Défense, Alain Juppé, lui avait néanmoins apporté son soutien in extremis quand le choix de la Haute Représentante, Catherine Ashton, s'était finalement porté sur elle, fin 2010. Florence Autret, à Bruxelle

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