Les Français ne veulent toujours pas de la taxe carbone

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La protection de l'environnement, c'est une priorité. Interrogés sur les politiques qu'ils jugent essentielles, les Français n'ont aucun doute, et placent en tête la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique. Mais, lorsqu'ils sont appelés à se prononcer sur un instrument majeur de cette politique, à savoir la taxe carbone, les électeurs se montrent beaucoup plus réticents, selon un sondage BVA-Avanquest pour « La Tribune » et BFM. Alors que Jean-Louis Borloo devrait présenter le 20 janvier une première esquisse de la future taxe carbone, après l'annulation par le Conseil constitutionnel du texte voté à l'automne, seuls 34 % des Français approuvent l'obstination du gouvernement sur ce dossier, estimant que cette contribution « est une avancée dans la lutte contre le réchauffement ». À l'inverse, 58 % des sondés jugent que l'exécutif aurait dû abandonner cette idée, la taxe étant « profondément injuste ».« Le désaveu est d'autant plus sévère qu'il est unanime dans toutes les catégories de population, y compris auprès des sympathisants de droite (52 % contre 39 %) qui ne suivent pas leur gouvernement dans cette aventure », commente Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA Opinion. « Même les sympathisants Verts » s'opposent à la taxe (50 % contre 47 %).Schizophrénie des Français, d'accord pour la préservation de l'environnement, mais contre tout effort dans cette direction ? Elle existe, « il y a une tension entre les aspirations présentes (pouvoir d'achat, etc.) et celles à moyen et long terme », souligne le politologue Stéphane Rozès, président de Conseil Analyses et Perspectives (CAP). « Mais surtout, à traiter l'environnement comme un secteur à part, en prenant une mesure qui se surajoute à la politique économique, sans cohérence générale, on accroît la schizophrénie des Français. » On ne peut « résoudre la question environnementale si on ne l'insère pas dans une politique générale », affirme-t-il. « manque d'explication »Cette analyse, les grandes associations de défense de l'environnement ne sont pas loin de la partager. « Ces 58 % d'impopularité envers la taxe carbone ne m'étonnent pas, quand on constate la faiblesse de la pédagogie dont à fait preuve le gouvernement sur ce projet », dit Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement. « Une impopularité renforcée par la censure du Conseil constitutionnel. » Directeur général de Greenpeace France, Pascal Husting approuve. Cette impopularité est le fruit « du fiasco de communication autour de la fiscalité verte de la part du gouvernement, qui a raté une occasion de mettre avant les vertus d'une transformation du système fiscal au profit d'une fiscalité verte », affirme-t-il. Ce « manque d'explication » et cette façon « à la hussarde qu'a utilisé Nicolas Sarkozy afin d'imposer sa taxe font qu'aujourd'hui les gens ne voient plus une modernisation de la fiscalité mais tout bonnement la création d'une taxe de plus ». n Lire aussi pages 12 et 19.

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