L'éducation américaine en pleine banqueroute

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De la côte Atlantique à la côte Pacifique, c'est la même panique : l'éducation subit la crise de plein fouet et s'apprête à licencier ses enseignants à tout va. D'ici la prochaine rentrée, entre 100 000 et 300 000 postes devraient être supprimés dans le primaire, le secondaire et l'enseignement supérieur public. La faute en partie au Congrès, qui a créé la surprise en décidant de ne pas reconduire le Medicaid, un programme d'aides qui permettait à la plupart des Etats de financer une partie des coûts de l'éducation. Déjà diminué de moitié par rapport à l'année fiscale 2009-2010 où il avait atteint 49 milliards, le Medicaid était considéré comme acquis par beaucoup de gouverneurs, en raison de la baisse des revenus résultant de la crise. Si bien qu'une vingtaine d'Etat avaient déjà intégré cette manne d'argent providentielle dans leurs prévisions de budget. Restrictions massivesL'annonce de la suppression du Medicaid, alors que les Etats sont confrontés à une chute de leurs recettes, a fait l'effet d'un coup de poignard. Les Etats ayant l'interdiction de présenter des budgets en déficit, les annonces de suppressions de postes se multiplient danstout le pays pour tenter d'équilibrer les finances publiques locales. Dans le comté du Prince Georges, dans le Maryland, la baisse des revenus va se traduire par la suppression de 800 enseignants, des classes qui passeront de 27 à 29 élèves, et moins de programmes d'aide aux élèves en difficulté. En Pennsylvanie, il faudra compenser un manque de 1,2 milliard de dollars en supprimant 20 000 postes dans l'enseignement, les forces de police, le personnel administratif et la santé publiqueDes conséquences difficiles à mesurerLes républicains et les démocrates conservateurs, qui sont opposés à la reconduction du Medicaid, justifient leur position par les faibles résultats du système éducatif, avec ou sans aide. Pour eux, il s'agit avant tout de limiter le déficit du pays en économisant sur un programme dont ils jugent les résultats insuffisants. Pour Danielle Colardyn, spécialiste de l'éducation aux Etats-Unis et auteur de « La High School aux Etats-Unis. Quelles leçons pour l'éducation en Europe ? » (De Boeck), les arguments des conservateurs sont « cyniques mais réels ». « Les Etats-Unis dépensent bien plus que la moyenne de l'OCDE et de l'UE pour l'éducation, et il est clairement établi que l'amélioration des résultats scolaires n'a pas de lien avec l'augmentation des budgets », explique-t-elle. « Par contre, si les programmes de soutien aux plus défavorisés sont diminués et qu'on garde le même niveau aux tests, alors les résultats scolaires s'aggraveront encore».FOCUS : Los Angeles sauve ses profsEn Californie comme ailleurs, les coupes dans les programmes d'aides sont inévitables. Certaines écoles ont néanmoins réussi, difficilement, à éviter les licenciements. C'est le cas des professeurs du district d'Elk Grove, qui, grâce à leur syndicat, ont enterré un plan de suppression de plus de 210 professeurs, bibliothécaires et conseillers scolaires. En échange, ils ont accepté des réductions de salaires, une prise en charge moindre des paiements médicaux, et la suspension du bonus annuel. Mais Elk Grove fait figure d'exception. Des milliers de suppressions de postes sont envisagées dans l'Etat gouverné par Arnold Schwarzenegger.

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