Formation : faut-il supprimer les organismes paritaires ?

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Spécificité hexagonale, les OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés), qui collectent et gèrent une partie des fonds dédiés à la formation continue, font l'objet de nombreuses critiques. Les 5,5 milliards d'euros tombés dans leur escarcelle en 2007, soit 25 % des dépenses de formation effectuées par les différents acteurs (État, région, entreprises), ont-ils permis le développement de la formation continue des salariés ? Sans aucun doute, mettent en avant leurs partisans, insistant sur les services apportés. Les entreprises, tenues de verser 0,5 % de leur masse salariale à leur OPCA de branche, disposent ainsi d'une " cagnotte " destinée à financer les actions prioritaires, comme des contrats et périodes de professionnalisation ou les DIF prioritaires, qui bénéficient alors à l'ensemble du secteur. " Grâce à ce dispositif, nous avons par exemple réussi à mettre en place une CQP (certificat de qualification professionnelle) administrateur réseau qui nous permet d'accompagner des salariés vers l'acquisition de compétences correspondant aux besoins du secteur. Ce que chaque entreprise n'aurait pas pu faire séparément ", illustre Alain Donzeaud, vice-président de Syntec Informatique. Il n'y a cependant qu'une seule condition pour faire partie des bénéficiaires : afficher des attentes en phase avec celles exprimées par les organismes collecteurs choisis par sa branche.SITUATIONS UBUESQUESLes regroupements d'OPCA, réduits aujourd'hui à une centaine, ont parfois conduit à des situations ubuesques. Les entreprises de transport et des agences de voyages, qui dépendent du même organisme collecteur, n'ont pas, par définition, les mêmes priorités : " Nos demandes de financement pour le DIF répondant à des objectifs vitaux pour notre société sont systématiquement refusées. Elles ne rentrent pas dans les critères retenus par les entreprises de transport, dont le poids est déterminant au sein de l'OPCA ", se plaint Rachel Messeres, DRH de Marsans, un voyagiste qui emploie 125 salariés. Face à cette situation, des réflexions sont aujourd'hui engagées pour inciter les OPCA à définir des priorités transversales, dépassant les seuls besoins de leurs propres adhérents. Ce qui correspond à une nécessité économico-sociale : la mobilité professionnelle doit être encouragée pour faciliter l'évolution des salariés. Ces nouveaux rapprochements d'organismes devraient faciliter le mouvement aboutissant au final à une vingtaine d'OPCA, réalisant une collecte minimale de 100 millions d'euros. Cette montée en puissance devrait, d'autre part, leur permettre d'être davantage présents sur tout le territoire et de renforcer leur mission d'appui et d'accompagnement auprès des employeurs. Cet impératif a d'ailleurs été souligné par un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) publié en mars dernier. Ces nouvelles orientations n'intéressent pas les grandes entreprises. Elles se passent d'ailleurs allègrement des services des OPCA pour la gestion de leurs dépenses allant au-delà des 0,5 % de la masse salariale. En effet elles peuvent, conformément à la loi, gérer directement les fonds ou les verser à l'OPCA de leur choix. Or elles optent majoritairement pour la première solution. Tel n'est pas en revanche le cas des PME ou des TPE. Celles-ci, faute de services dédiés à la formation, n'ont ni le temps ni l'expertise pour utiliser et combiner tous les nombreux dispositifs actuellement disponibles.COUP DE POUCEMalgré ses déboires avec son OPCA de branche, Marsans a ainsi choisi de confier la gestion de son plan de formation à l'Agefos-PME. " Dans le cadre de la mutualisation des fonds, nous avons même bénéficié de financements supplémentaires à ceux que nous avons versés, l'OPCA ayant décidé de nous donner un coup de pouce pour aider le repositionnement de nos salariés suite à notre restructuration ", mentionne la DRH de l'entreprise. " L'année dernière, les entreprises de moins de 10 salariés ont versé en moyenne la somme de 263 euros et ont perçu 1.400 euros ", rappelle Laurence Carlinet, directrice du développement de l'Agefos-PME. Et l'OCPA de mettre en avant ses bons résultats pour justifier le bien-fondé du dispositif que personne n'envisage vraiment de supprimer. Même si des adaptations sont aujourd'hui nécessaires.

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