Le gouvernement Kan dans l'impasse

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Le réveil a été douloureux pour la majorité au Japon. Au terme d'élections sénatoriales partielles tenues dimanche, la coalition au pouvoir (Parti démocrate du Japon, PDJ) a perdu la majorité à la chambre Haute, essuyant un recul important tandis que son principal opposant, le Parti libéral-démocrate (PLD) a progressé. Le PDJ a perdu dimanche le contrôle du Sénat, n'y conservant que 106 sièges sur 242. Dimanche son gain de sièges s'est limité à 44 au lieu des 54 escomptés. Il manque au PDJ, principale composante de la majorité à la tête du pays, 16 sièges pour atteindre la majorité nécessaire pour faire adopter ses projets de lois à la chambre haute. Pour gouverner, il ne peut plus compter que sur la Chambre basse où il dispose encore d'une majorité.C'est du PLD, qui a conquis 51 sièges, que devrait venir le nouveau président du Sénat. Pour le Premier ministre Naoto Kan, en poste depuis à peine un mois, c'est une perte de face dont il pourra difficilement se relever. Le contrôle de la chambre haute, dont les prérogatives rivalisent avec celles de la chambre basse, est nécessaire pour gouverner effectivement au Japon. « Le climat est tellement dégradé que le gouvernement aura beaucoup de mal pour faire adopter le budget, cela alors que seule une majorité à la Chambre basse est nécessaire », estime le politologue Gerald Curtis. Paralysie législativePour sortir de l'impasse, le PDJ doit trouver des alliés. Mais si peu de différences idéologiques le séparent d'autres partis, ces derniers attendent leur heure et n'ont pas intérêt à coopérer. « On verra ce qu'on voit aux États-Unis : une opposition qui attaque systématiquement le gouvernement même si elle est parfois d'accord avec lui, pour l'enliser et prendre sa place », prédit Gerald Curtis. La paralysie législative va s'installer, repoussant aux calendes grecques les réformes souhaitées par le gouvernement. L'alternance politique inaugurée en septembre dernier semble déjà compromise.La question des bases américaines d'Okinawa, qui a déjà fait tomber le gouvernement précédent, pourrait à nouveau se révéler fatale pour Naoto Kan. Les habitants de cet archipel à l'extrême sud du Japon qui héberge l'essentiel du contingent américain au Japon souhaite les déloger. Or Naoto Kan s'est engagé vis-à-vis de Barack Obama à les y maintenir. Il vient ainsi de perdre une partie de sa légitimité. En novembre auront lieu à Okinawa des élections locales qui, si elles consacrent la victoire des candidats ?anti-bases?, compliqueront encore la situation du gouvernement. Sans compter la possibilité permanente d'une crise régionale (avec la Chine ou la Corée du nord) face à laquelle le Japon, avec un paysage politique en miettes, apparaît bien démuni.

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