Bercy s'appuie sur les indices passés pour conforter son optimisme budgétaire

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En déplacement à Londres, jeudi, le ministre du Budget, François Baroin, se faisait porteur du discours gouvernemental actuel sur le budget : la conjoncture s'améliore, elle apporte de nouvelles recettes, le budget 2011 n'est donc pas si difficile à boucler. « Voyez la masse salariale, elle s'améliore sensiblement. » Pas besoin d'aller très loin, donc, dans la chasse aux niches fiscales, même si le gouvernement reste à l'affût des gisements à exploiter (lire ci-contre). La publication, vendredi, de l'indice de la production industrielle pour le mois de juillet apporte de l'eau au moulin gouvernemental. Selon l'Insee, la production a augmenté de 1,4 % d'un mois sur l'autre. Quant à la masse salariale, sa progression au deuxième trimestre est strictement équivalente.De quoi réviser la prévision de croissance du gouvernement, en légère hausse : l'exécutif tablait sur 1,4 % pour 2010, il mise désormais sur « au moins 1,5 % », a annoncé vendredi François Fillon. La prévision de 2 % pour 2011 ne change pas.stagnationIncontestablement, l'économie française s'est mieux portée au second semestre, et le début de l'été a été, sans doute, aussi favorable. Mais quid des mois à venir ? C'est tout le problème du gouvernement. A entendre les ministres, il est acquis que la conjoncture s'améliore. Sous entendu : l'embellie va se poursuivre. Or, partout dans le monde industriel, la croissance ralentit, notamment sous l'effet des plans de rigueur. Le rebond technique du début de l'année risque de ne pas se transformer en véritable reprise, comme s'en est inquiété récemment l'OCDE. Selon les experts de l'organisation, les trois premières économies de la zone euro tomberaient quasiment en stagnation au deuxième semestre. Leur PIB augmenterait de 0,4 % en rythme annuel au cours de l'été, soit 0,1 % d'un trimestre sur l'autre... Le dernier trimestre 2010 serait de la même eau (0,15 % par trimestre).Se fondant sur les derniers indicateurs prédictifs, l'économiste Mathilde Lemoine, de HSBC, table sur un ralentissement de la production industrielle. Bref, l'exécutif pourrait être tenté de dresser, à l'occasion de la présentation du budget le 29 septembre, un tableau conjoncturel bien rose, ignorant les signaux actuels de ralentissement.

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