Numérique, fusions et confusion

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La convergence numérique est l'une des plus belles tautologies de ces dernières années. Les technologies numériques, dans lesquelles une information se transforme en une suite de « 1 » et de « 0 » permettent, par construction, de faire converger beaucoup de métiers. Parti de l'informatique, son univers naturel, le numérique, s'est étendu aux sons, puis à la vidéo, à la diffusion hertzienne, aux réseaux télécoms, à l'imagerie médicale, etc. L'une des conséquences de cet inexorable mouvement est la chute une à une des barrières qui existaient entre différents métiers. Et les entreprises voient s'évanouir les limites théoriques de leur expansion naturelle. On ne s'étonne plus guère à voir un concepteur informatique s'imposer sur le marché de la musique en ligne (Apple), un opérateur télécoms se lancer dans la télévision payante (Orange), un fabricant d'électronique grand public devenir incontournable dans le matériel médical (Philips) ou une société Internet percer dans les logiciels pour téléphones mobiles (Google). Curieusement, les champions de l'informatique semblent les plus lents à la réaction, à l'exception d'Apple. Il n'empêche, les poids lourds du logiciel et du matériel s'y mettent. IBM, sans doute le groupe le plus emblématique de l'histoire de l'informatique, a annoncé hier qu'il lançait un logiciel pour téléphone mobile. Au même moment, Hewlett-Packard a annoncé une OPA à 2,7 milliards de dollars, sur 3Com, une société d'équipements de réseaux télécoms (lire page 13). Un métier nouveau pour HP, qui lui permet de répondre à l'offensive de Cisco, venu lui des réseaux télécoms. HP et Cisco en concurrence frontale, c'est totalement inédit ! Il est vrai que tout est dans tout grâce au numérique, et que les offres dites « de bout en bout » peuvent séduire les clients entreprises. Une frénésie d'acquisitions ou fusions pour élargir l'offre est ainsi lancée depuis quelques mois. Mais tout le monde ne pourra pas tout faire. Et, dans ce cas, le retour de balancier a déjà un nom : « concentration sur le ?core business? ». Plus on aura ce mouvement en tête, moins il sera violent. jbjacquin@latribune.fr Jean-Baptiste Jacqu

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