en bref

 |   |  678  mots
Charles Milhaud, ou la solitude du pouvoirBien sûr que si, et bien qu'il s'en défende, Charles Milhaud a « choisi l'écriture comme moyen de régler des comptes ». Ceux de ces putschistes qui l'ont fait tomber de la présidence du Groupe Caisse d'Épargne, le 19 octobre 2008, quelques jours après une perte de trading de 752 millions d'euros. Le ressentiment et le mépris affleurent à chaque mot. Mais ce n'est pas là, l'intérêt du livre. Il est, en creux, dans la description de la solitude absolue d'un chef d'entreprise que chacun croit alors au faîte du pouvoir. Ce banquier, l'un des plus puissants de France, ne sait toujours pas exactement pourquoi il a été lâché. Ni, surtout, sur qui il pouvait compter. Pas sur son ex-numéro deux, Nicolas Mérindol, en qui il voyait son successeur mais qu'il soupçonne d'avoir conclu un « deal » dans l'espoir, déçu, de se sauver. Pas sur son allié, Philippe Dupont, des Banques Populaires dont il souhaitait se rapprocher, mais qu'il accuse d'avoir eu recours à des officines pour le déstabiliser. Pas sur la Commission bancaire qu'il juge au service de l'ennemi du monde mutualiste, Michel Pébereau, le président de BNP Paribas. Pas même sur son « ami » le président Sarkozy qui l'a appelé depuis le Québec à prendre ses « responsabilités » avant de parachuter à la tête de l'ensemble Écureuil-Banques Populaires François Pérol, l'un de ses conseillers? Charles Milhaud n'a qu'une consolation, son ambition d'égaler le Crédit Agricolegricole. Et ce pari-là, il l'a presque gagné. P.-A. G. « Qui veut la peau de l'Écureuil ? Petite histoire d'une manipulation », de Charles Milhaud, en collaboration avec Emmanuel Galiero, Éditions Alphée-Jean-Paul Bertrand, 265 pages, 21 euros.La mondialisation vue du blogEn ces temps de pessimisme ambiant, Guy Sorman reste un indécrottable optimiste. En dépit de la crise financière, l'essayiste globe-trotter rappelle que « pour tout Français né après 1944, le monde est meilleur qu'il ne le fut ». Cette affirmation est étayée par des commentaires rédigés au quotidien sur son blog (http://gsorman.typepad.com) entre 2006 et 2009 : textes courts, clairs et didactiques commentant les grands événements comme les anecdotes notées par l'auteur au fil de ses pérégrinations, de la Russie au Pakistan, de la Chine aux États-Unis en passant par la France. Le fil directeur, c'est la mondialisation. Pour l'auteur, « il n'est pas excessif d'y voir une nouvelle civilisation, pour la première fois de l'histoire sans bornes territoriales, ni culturelles. Aucune frontière, aucune autorité n'est à même d'arrêter un son, une image, une idée ». Pour autant, Sorman n'est pas naïf, ce mouvement provoque des changements importants, voire violents. « La mondialisation n'est pas neutre : elle déstabilise les États et tout pouvoir patriarcal, voire paternaliste ; les communautés choisies l'emportent sur les patriotismes obligatoires, les cultes nouveaux sur les religions établies, les marginaux passent au centre, l'improvisation culturelle bouscule les traditions immémoriales. » R. Ju. « Wonderful World » par Guy Sorman, éditions Fayard, 561 pages, 23 euros.Le bel avenir de DarwinL'année 2009 aura été l'occasion de fêter le 200e anniversaire de la naissance de Charles Darwin et le 150e de la publication de « l'Origine des espèces ». Sa théorie de « la sélection naturelle » moteur de la transformation des espèces reste controversée malgré sa fécondité partiellement sur le plan scientifique, mais surtout rejetée pour ses implications sur l'origine de l'homme et ce qu'elle remet en cause, notamment pour les religions. Le collectif de jeunes chercheurs qui publie « Darwin en tête » montre combien la théorie de l'évolution renouvelle en profondeur notre approche du domaine cognitif ? comment l'esprit a évolué ? de la psychologie, des comportements. Exigeant mais clair, ce livre devrait rapidement devenir une référence, dans un domaine qui reste encore à découvrir en France. R. Ju. « Darwin en tête », coll. sous la direction de Jean-Baptiste Van der Henst et Hugo Mercier, éditions Presses Universitaires de Grenoble, 372 pages, 28 euros.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :