L'éditorial de Jean-Baptiste Jacquin

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Il y a dix-sept mois, le président de la République volait au secours d'une presse écrite malade en annonçant une batterie spectaculaire de mesures à l'issue des états généraux qu'il avait convoqués. Aujourd'hui, trois quotidiens sont en passe de changer de propriétaires pour cause de difficultés financières?: « Le Monde », « Le Parisien  Aujourd'hui en France » et « La Tribune ». L'Élysée n'est pas responsable de la crise de la presse quotidienne, loin s'en faut. Et les leviers qu'il a actionnés en faveur de ce secteur industriel ont plutôt permis de desserrer l'étau. Mais cela ne lui confère pas un droit de regard sur le devenir des journaux. Que Nicolas Sarkozy demande un tête-à-tête la semaine dernière avec Éric Fottorino, le président du directoire du Monde, est inquiétant. Nous n'étions pas sous la table, mais il semble bien que l'hôte de l'Élysée ait fait part de ses réticences à l'égard d'un des projets de reprise. De tout temps, les relations entre pouvoir politique et presse ont été compliquées, voir incestueuses. Et à deux ans d'une élection présidentielle, la fébrilité, de tous bords, est compréhensible. Mais attention à ne pas franchir la ligne jaune. Car la presse n'est pas seulement malade des conditions économiques de son exercice. Son indépendance mise à mal, c'est son crédit, dans tous les sens du terme, qui s'évapore. Or, au même moment, était mis en examen pour « recel et vol » le journaliste d'un site Internet qui avait mis en ligne une vidéo de Nicolas Sarkozy tenant des propos « hors antenne » sur le plateau de France 3 en juin 2008. Cela commence à ressembler à un faisceau de présomptions de pression à l'égard de médias qui ne seraient pas dans les petits papiers du président. jbjacquin@latribune.f

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