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Nous prendrons des mesures coordonnées, si nécessaire, pour la stabilité de la zone euro »

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Publié le 14 février 2010 à 22:45 - Mis à jour le 14 février 2010 à 22:45

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Jeudi, à la sortie du conseil des chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne qui fut finalement consacré à la réponse des États membres de la zone euro à la crise grecque, Herman Van Rompuy, président de l'Union, a déclaré : « Les États membres de la zone euro prendront des mesures déterminées et coordonnées, si nécessaire, pour préserver la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble. » La réaction confuse des marchés, comme les divergences d'interprétation auxquelles cette déclaration officielle a donné lieu, disent à elles seules le rapport ambigu qu'entretiennent les marchés avec le discours politique. Surtout lorsque la phrase est au futur ? « prendront », qu'elle se situe dans un cadre hypothétique, certes implicite, mais non défini ? « si nécessaire » ?, et qu'elle reste éminemment vague, en promettant « des mesures déterminées et coordonnées », sans plus guère de précisions. Et enfin lorsqu'elle vise un objet beaucoup large que la racine grecque de la crise, à savoir « la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble ».Pour résumer, voilà un message qui, à première vue, est extrêmement ambitieux ? il ne s'agit de rien de moins que de sauver l'euro ? mais qui ne dit pas grand-chose. D'autant qu'en évoquant seulement « les États membres de la zone euro », il masque la puissante machinerie qui s'apprête à intervenir pour sauver la Grèce et l'euro, à savoir la BCE et le FMI, ce dernier devant assurer la surveillance de la gestion publique grecque. Pourtant, que cette déclaration de la bouche du président de l'Europe ait été prononcée est en soi un événement : « Il fallait le dire, ils l'ont dit ! » se réjouit Véronique Riches-Flores, chez SG CIB. Cette déclaration d'intention fait une entorse au principe de « no bailout » prévu à l'article 125 du traité de l'Union européenne. Et malgré le flou de sa formulation, elle affiche une certaine fermeté, répondant au moins en partie à l'attente des marchés.Si chacun de ses mots reste aussi peu clair, c'est en raison des rapports de force qui se cachent derrière eux. « Cette déclaration s'adresse à trois publics différents aux intérêts contradictoires », analyse René Defossez, chez Natixis. Tout d'abord, les marchés, auxquels les grands pays membres de la zone euro affirment qu'ils ne laisseront pas les plus petits faire défaut, et que jouer contre un des leurs c'est jouer contre la puissance de tous. En clair, quoi qu'il arrive, la solidarité prévaudra. Ensuite, l'État grec, envers lequel les pays membres de l'Union veulent maintenir la pression pour qu'il accentue ses efforts avant les échéances de refinancement de sa dette. Enfin, les opinions publiques nationales, en particulier les Allemands, à qui Hermann van Rompuy dit, à travers le « si nécessaire », que la solidarité ne jouera pas automatiquement. En filigrane, la question se pose de savoir jusqu'où l'Allemagne acceptera de payer pour les autres.Pourtant, si le dilemme est clair, il en ressort ici comme tranché en faveur du principe de solidarité et d'intervention. Pour que le message ne recèle pas une bénédiction implicite aux passagers clandestins qui vivent aux crochets des pays vertueux, il exige une suite. En effet, cela ne pourra être évité que par l'acceptation de la surveillance des États par les autres membres de la monnaie unique. Ainsi, cette phrase, pour incomplète qu'elle soit, porte en son sein une dynamique : celle de créer, tôt ou tard, ce gouvernement économique de la zone euro qui parachèverait l'union monétaire. ?Analyse valérie segond Éditorialiste à « La Tribune »Chaque semaine, « La Tribune » décrypte une phrase ou une citation qui marque un temps fort de l'actualité politique, sociale ou économique.? l'intégralité des réactions, dont celles de véronique riches-flores (SG CIB), Natacha Valla (Goldman Sachs) sur « La Tribune » numérique du samedi 13 février 2010.

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