Dubaï sauvé par son rival de toujours Abu Dhabi

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Émirats arabes unisL'émirat de Dubaï, rendu célèbre dans le monde entier par ses projets immobiliers pharaoniques, paye aujourd'hui l'addition de ses ambitions démesurées. Son puissant voisin, l'émirat d'Abu Dhabi, vient de lui octroyer une aide de 10 milliards de dollars qui devrait lui permettre de refinancer plusieurs milliards de dollars d'emprunts arrivés à échéance. Le conglomérat public Dubai World devrait donc pouvoir faire face à ses échéances.Mais Dubaï, dont les revenus pétroliers ne dépassent pas 3 % de son PIB, n'est pas pour autant sorti d'affaire. L'endettement de Dubai World atteint 50 milliards de dollars. L'émirat, qui rêvait de devenir le Hong Kong du Golfe, risque de payer de son autonomie les largesses d'Abu Dhabi. L'aide accordée par l'émirat voisin n'est officiellement assortie d'aucune condition. « Mais tous les plans de sauvetage ont une contrepartie, et Abu Dhabi ne dirige pas une agence philanthropique », rappelle John Sfakianakis, chez Calyon.ContrepartiesAbu Dhabi pourrait ainsi négocier son entrée dans plusieurs entreprises stratégiques de Dubaï, comme le port de Jebel Ali (le plus important de la région), l'aéroport de Dubaï ou encore le métro aérien de l'émirat. Les autorités organisant le sauvetage de Dubaï pourraient également pousser l'avantage jusqu'à fusionner la compagnie aérienne dubaïotte Emirates avec leur propre compagnie Etihad.Le succès de Dubaï, bâti sur un endettement galopant, avait suscité une certaine rivalité entre les deux émirats. Abu Dhabi s'était lui aussi lancé dans les investissements tous azimuts après la mort en novembre 2004 de son souverain cheikh Zayed Ben Sultan Al-Nahyane. Mais le troisième exportateur de pétrole du Golfe a les moyens de ses ambitions. Abu Dhabi a ainsi misé sur la culture et l'éducation. Le Louvre doit ouvrir un musée en 2012 et l'université de la Sorbonne a ouvert une antenne en 2006.Les difficultés de Dubaï pourraient ainsi entraîner un réalignement de sa politique étrangère. Les deux émirats font partie de la fédération des Émirats arabes unis, Abu Dhabi en assurant la présidence, et Dubaï, la vice-présidence. Mais pendant la guerre Iran-Irak, Abu Dhabi a soutenu Bagdad, tandis que Dubaï soutenait Téhéran. L'Iran est aujourd'hui le premier partenaire commercial de Dubaï. L'émirat joue un rôle central dans le contournement des sanctions contre l'Iran. Plus de 10.000 sociétés installées à Dubaï seraient ainsi contrôlées par des fondations iraniennes et des gardiens de la révolution.

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