Vincent Peillon veut rapprocher le mammouth et l'entreprise

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Pour la bonne cause, Vincent Peillon joue les entremetteurs. Jeudi, le ministre de l\'Education nationale a déclaré vouloir resserrer les liens entre l’enseignement technique et professionnel et les entreprises pour favoriser l\'emploi et le redressement productif de la France. Une mesure contenue dans le pacte de compétitivité présenté la semaine dernière. « J\'installerai en 2013 un conseil éducation-économie pour que les chefs d\'entreprises soient représentés à l\'éducation nationale », a-t-il annoncé lors d\'une visite au Centre des Arts et Métiers de Lille, aux côtés du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Une décision qui va en quelque sorte à l\'encontre des déclarations récentes de Jérome Cahuzac, le ministre du Budget. Lundi, il avait opposé une fin de non-recevoir polie et directe aux entrepreneurs qui souhaitaient la mise en place un Conseil National d\'Orientation composé d\'entrepreneurs chargé de donner un avis sur l\'impact économique des lois et décisions du gouvernement sur les entreprises, imitant le modèle allemand.  «La France compte déjà un millier d’institutions qui donnent leur avis sur la politique de l’Etat. Les chefs d\'entreprises ont déjà l’occasion de s’exprimer dans un certain nombre d’entre elles. Par ailleurs, en tant que ministre du Budget, j’estime que la création d’une nouvelle structure qu\'il faudrait gérer et abriter aurait un coût que nous préférons éviter de supporter actuellement», avait-il expliqué lors de la Conférence annuelle des entrepreneurs.Un lieu de prospective et d\'échangesLe conseil lancé par Vincent Peillon serait en quelque sorte un lieu de prospective et d\'échanges avec les entreprises, les branches professionnelles et les régions pour adapter les formations professionnelles et technologiques aux besoins économiques. Selon Vincent Peillon, chaque année, 600.000 offres d\'emploi environ ne sont pas pourvues. « Rapprocher l\'éducation nationale de l\'entreprise, en revalorisant des filières d\'enseignement technologique et professionnel aujourd\'hui déconsidérées » serait un des moyens de résoudre ce chômage structurel.« Nous devons accorder à l\'enseignement professionnel, du CAP jusqu\'à l\'ingénieur, une priorité. L\'Education nationale doit absolument participer autant qu\'elle peut au travail mené par le ministre du Redressement productif », a ajouté le ministre qui, pour rendre plus attractives ces filières, souhaite réformer le service public d\'orientation et mettre en place « un parcours d\'information et d\'orientation à partir de la sixième ».Attirer les jeunes« Il n\'est pas possible que l\'orientation vers les voies techniques et professionnelles soient toujours des orientations négatives. Il faut accepter de travailler avec le tissu économique, faire découvrir à nos jeunes ces métiers qui existent. Il faut revoir les cartes des formations professionnelles et accroître la mobilité internationale des jeunes des filières technologiques et professionnelles », a-t-il expliqué. Reprenant les propos des fédérations industrielles patronales, Arnaud Montebourg est évidemment sur la même longueur d’ondes. « L\'industrie est un lieu qu\'il faut faire connaître, aimer, apprécier. Le pari de mon ministère est d\'amener la jeunesse à reprendre le chemin des entreprises industrielles », a déclaré le ministre du Redressement productif. 

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