Turkish Airlines vient jouer dans la cour des grands

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Turkish Airlines impressionne. Son incroyable ascension a été mise en lumière pendant la crise de 2008 et 2009. Contrairement à l'ensemble du secteur, qui perdait des milliards de dollars, réduisait la voilure et mettait le frein sur les investissements, le transporteur turc, lui, a dégagé des profits, maintenu une très forte croissance de ses capacités et multiplié les commandes d'avions. Un profil partagé par deux autres compagnies seulement : Emirates, le mastodonte de Dubai, et l'irlandaise Ryanair, la première low-cost d'Europe. Avec une différence de taille : le transporteur turc, coté en Bourse (51 % du capital est privé), n'est pas soupçonné par ses concurrents de bénéficier d'aides publiques pour expliquer une telle réussite. A peine pointe t-on, en guise de distorsion de concurrence, la faiblesse de ses coûts salariaux. Au contraire, Turkish Airlines suscite plutôt l'admiration de ses concurrents. Chez Air France, elle est désormais présentée comme un véritable danger. Il y a de quoi. La compagnie turque a les dents longues. Aujourd'hui, elle dispose d'une flotte de 147 avions. Et en compte 90 en commandes après la décision prise en 2008 d'acheter 105 appareils. A l'évidence, ce n'est pas suffisant. + 39 % de chiffre d'affairesPour jouer dans la cour des grands, la direction étudie l'achat de nouveaux avions. Elle décidera d'ici à la fin de l'année si elle commande 10 très gros porteurs (soit des Airbus A380, soit des Boeing 747-8), mais aussi 25 long-courriers de moyenne capacité (A350 ou B787) et de nombreux moyen-courriers. De quoi continuer la montée en puissance observée ces dernières années.En 2009, ses capacités mesurées en sièges kilomètres transportés ont progressé de 22 %. Fin 2010, elles auront encore augmenté de plus de 20 % en un an, grâce à l'arrivée dans la flotte d'une vingtaine de nouveaux avions. La rentabilité suit. Elle sera supérieure en 2010 à celle attendue initialement, a indiqué vendredi la compagnie. Le trafic suit également. De janvier à septembre, il a bondi de 18 %, à près de 22 millions de passagers, permettant au chiffre d'affaires d'exploser de 39 %, à 5 milliards de dollars. Une performance qui place Turkish Airlines à la quatrième place des transporteurs membres de l'association des compagnies européennes - l'AEA, qui ne compte pas de low-cost -, derrière Lufthansa, Air France et British Airways. Il y a quelques années, Turkish occupait encore la huitième place. La compagnie turque bénéficie de plusieurs atouts. Notamment l'excellente situation géographique de son hub d'Istanbul entre l'Europe et le Moyen-Orient, le Caucase, l'Afrique de l'Est, l'Inde, le reste de l'Asie-Pacifique. A cela s'ajoutent une montée en gamme de son produit à bord et une tarification agressive liée à la faiblesse de ses coûts. Enfin l'intégration en 2006 dans la plus grosse alliance du monde, Star Alliance, lui donne accès à un réseau mondial colossal. Le transporteur turc veut ajouter un dernier ingrédient à ce cocktail explosif : une acquisition stratégique en Europe, avec un oeil particulier sur les Balkans. Turkish Airlines, qui a déjà raflé 49 % de la compagnie bosniaque Air Bosna, s'est déclarée « intéressée » par le rachat de Serbian Airlines. F. G.

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