Le double visage de la Bourse de Johannesburg

 |   |  410  mots
« Dr Jekyll et Mr Hyde. » C'est ainsi que les stratégistes de Nomura surnomment la Bourse d'Afrique du Sud, dans leur dernière lettre de conjoncture hebdomadaire. La place financière de Johannesburg présente un double visage, à mi-chemin entre marché mature et marché émergent. Le côté Dr Jekyll de la Bourse d'Afrique du Sud, c'est d'abord une réglementation et une protection des intérêts des actionnaires supérieures à celles de pays émergents comme la Russie. La Bourse de Johannesburg présente également l'avantage d'être bien diversifiée en termes de secteurs. Certes, les producteurs de matières premières pèsent 40 % dans l'indice JSE, mais les pondérations de la finance et des fabricants de biens de consommation sont loin d'être négligeables, avec 20 % chacune. Une différence de taille avec la Bourse russe, composée à hauteur de 70 % de producteurs de ressources de base et avec la Bourse turque, dont la moitié de la capitalisation est constituée de banques.réglementation pesanteAutre atout de la Bourse d'Afrique du Sud?: sa liquidité. Près des trois quarts des échanges sont réalisés par des investisseurs locaux, très impliqués, et non par des fonds étrangers, comme c'est souvent le cas sur les marchés émergents, qui ne représentent alors qu'une place de cotation secondaire. Il faut dire que les sociétés de gestion privées et publiques d'Afrique du Sud, dont les encours s'élèvent au total à 190 milliards de dollars, soit 67 % du produit intérieur brut (PIB) du pays, n'ont pas le droit d'investir plus de 15 % de leurs actifs hors d'Afrique du Sud.La réglementation, voilà qui pèse sur l'économie de l'Afrique du Sud et, partant, sur sa place financière. Formation insuffisante, salaires relativement élevés? La main-d'?uvre est très peu compétitive, par rapport à la Turquie, la Russie, la Pologne ou l'Indonésie. À quoi s'ajoute l'inefficacité des infrastructures portuaires et ferroviaires, qui rend le coût des transports élevé. Sans oublier un fort taux de chômage et des ménages très endettés, ce qui n'est pas du meilleur augure pour la consommation. Nomura estime donc que l'indice JSE, en hausse de 26 % depuis janvier, est bien valorisé. Et que si les investisseurs souhaitent néanmoins miser sur l'Afrique du Sud, ils doivent privilégier des sociétés très internationalisées, comme le groupe minier Anglo American. Christine Lejoux

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :