La Grèce accentue la rigueur et programme des privatisations

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Du sang et des larmes ». On fait mieux en guise d'anniversaire. C'est pourtant ce qu'a promis en quelque sorte aux Grecs leur Premier ministre, presque un an après l'octroi d'un plan d'aide de 110 milliards d'euros sur trois ans par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI). Vendredi, Georges Papandreou a annoncé de nouvelles mesures d'austérité pour pouvoir économiser 26 milliards d'euros. Le détail en sera présenté aux députés le 24 avril, mais il a évoqué quelques pistes, comme le passage du travail hebdomadaire des fonctionnaires de 37,5 heures à 40 heures. Dans la foulée, un programme de privatisations partielles va être appliqué, censé rapporter à l'État 50 milliards d'euros d'ici à 2015, dont 2 à 4 milliards dès cette année. L'État grec va céder une partie de ses participations dans des entreprises comme l'OTE, l'opérateur historique des télécommunications, la compagnie d'électricité DEI, les chemins de fer, l'aéroport d'Athènes et des casinos. Car Athènes n'arrive pas à atteindre les objectifs du plan d'aide. Il a certes réduit de 5 points son déficit public en 2010 pour le ramener à 10,4 % du PIB, mais cela reste supérieur aux 8 % fixés. Le poids de la dette - 330 milliards d'euros - devrait représenter 152 % du PIB cette année, et jusqu'à 157 % l'an prochain, un record dans la zone euro. Surtout, la république hellénique va connaître sa troisième année de récession, avec une contraction de l'activité de 3 % en 2011 après 4,5 % en 2010. Le taux de chômage a atteint 15,1 % en janvier et, selon Eurostat, l'inflation sur un an a progressé de 5 %, un des taux les plus élevés dans la zone euro.Une solution écartéePourtant, le salut viendra « non pas en restructurant la dette (souveraine), mais en restructurant le pays », a insisté le Premier ministre grec. Sur les marchés, la restructuration de la dette est inévitable. Même le FMI suggère que la question mériterait d'être posée en 2012. Mais, en marge de la réunion du G20 Finances à Washington, les responsables européens ont, une fois de plus, totalement écarté cette solution. « Ce n'est même pas une option », a précisé Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroup. Pourtant, cette hypothèse est de plus en plus fréquemment avancée dans les milieux politiques européens. Le secrétaire d'État allemand aux Affaires européennes, Werner Hoyer, avait considéré qu'elle ne serait pas « une catastrophe », et pourrait même être « soutenue » par l'Allemagne. « Vu les progrès limités de la Grèce en matière d'ajustement budgétaire, ce n'est pas surprenant », commente Fabio Fois, chez Barclays Capital.

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