Les piscines municipales pourraient pâtir des incertitudes budgétaires liée à la réforme de la taxe professionnelle
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Les habitants d'Ottmarsheim (Haut-Rhin) pourront bien nager en 2012 dans une piscine rénovée. Mais les élus de la communauté de communes « Porte de France » ont dû revoir leurs ambitions à la baisse : « Avec la réforme de la taxe professionnelle, nos ressources ne sont pas garanties à long terme. À l'horizon 2012-2013, on n'est plus sûrs de nos rentrées d'argent », raconte Patrice Jundt, directeur général des services. Le projet est donc passé de 12 à 7 millions d'euros. Disposant d'une visibilité moindre sur leurs finances du fait de la réforme de la taxe professionnelle, des élus locaux sont aujourd'hui contraints de revoir à la baisse leur projet de « centre aquatique » (on ne parle plus de piscines !). Voire d'y renoncer, comme cette station de sports d'hiver. « Je leur ai expliqué que cela ne passerait pas d'un point de vue budgétaire », témoigne Fabian Meynand, directeur de Partenaires Finances Locales pour la zone sud. « Les projets de piscines sont parmi les plus lourds pour une collectivité. Beaucoup plus qu'un parking, un gymnase ou une médiathèque. En termes d'investissement, mais aussi de fonctionnement », ajoute le consultant. Chauffage, consommation d'eau, entretien des bassins, personnel à payer sur des créneaux horaires élargis... Tout cela coûte très cher. Quant à l'investissement, il varie en gros de 5 à 20 millions d'euros selon le secrétariat d'État à la Jeunesse. La pêche aux subventionsPas étonnant, dès lors, que les élus y regardent à deux fois avant de voter un tel projet, alors que les dotations budgétaires sont gelées, et que départements et régions - soumis eux aussi à l'incertitude de la réforme de la TP et au gel des dotations - se montrent moins pourvoyeurs de subventions. Le président de la communauté de communes Loir et Bercé, (12.000 habitants dans la Sarthe) a longuement fait ses calculs avant de se décider. Son budget est de 14,4 millions d'euros. Sa piscine lui coûtera 8 millions d'euros en investissement et 250.000 euros par an en fonctionnement. « C'est un élément important de l'attractivité de notre territoire », justifie Claude Denis, avant de détailler sa stratégie pour boucler ses comptes : une pêche aux subventions auprès du département, de la région et de l'État avec le choix d'un bâtiment HQE (toiture végétalisée et chaudière à bois) pour capter le maximum de subventions ; un projet raisonnable (s'il a concédé les banquettes à bulles, l'élu a refusé le toboggan et le bassin de compétition) ...et une hausse des impôts locaux amorcée il y a cinq ans en prévision du projet. Stéphanie Tisserond avec Aglaé de Chalu
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