La distribution souffre...et ça va durer

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Symbolisé par les dossiers PSA Aulnay et Florange, on savait le secteur automobile et la métallurgie en panne. Mais on ne se doutait peut-être pas encore de l’étendue des dégâts causés par la dégradation de la conjoncture en Europe. Selon une étude publiée ce jeudi par Coface, tous les secteurs ou presque souffrent. « En Europe, il n’y a pas un seul secteur dans lequel le risque de crédit soit modéré. La situation est particulièrement préoccupante dans la métallurgie, en surcapacité et exposée aux difficultés de ses principaux clients, l\'automobile et la construction. Ces deux derniers secteurs sont risqués eux aussi, car toujours très vulnérables à l’atonie des demandes internes européennes. L’électronique affiche des risques de crédit de plus en plus tendus, ce qu’illustre le recul sensible des ventes d’ordinateurs », observe l’assureur-crédit. Selon le cabinet de recherche IDC, les ventes d’ordinateurs ont chuté de 13,9% sur un an en France au premier trimestre. Une dégringolade inédite depuis vingt ans.La distribution : un atout de l\'économie françaiseUn autre secteur est également en difficulté : la distribution. C\'est l’un des points forts de l’économie française qui, avec Carrefour et Auchan notamment, possèdent des poids lourds du secteur d(\'envergure mondiale. Déjà confronté à une diminution des dépenses de consommation des ménages provoquée par les difficultés conjoncturelles et la montée du chômage, ce secteur est en profonde mutation suite à l’essor du e-commerce dont le chiffre d’affaires a presque doublé en cinq ans. « La distribution amorce sa transition vers un modèle économique hybride, combinant les avantages des deux business model. Le modèle traditionnel physique des magasins s’essouffle. Parallèlement, le poids du e-commerce continue à croître, favorisé par le taux d’accès à Internet, la sécurité renforcée des transactions, les tarifs compétitifs, dans un contexte de tensions sur le pouvoir d’achat », indique l’assureur-crédit, évoquant le cas du Royaume-Uni, précurseur du e-commerce avec 12% du chiffre d’affaires mondial, et celui de la France, qui rattrape progressivement le retard dans ses habitudes de consommation en ligne.« Toutefois, cette convergence s’avère être une source de risque supplémentaire pour les entreprises du secteur, notamment, en Europe de l’Ouest où le risque de crédit augmente sensiblement. Ceci est illustré par une dégradation de l’expérience de paiements enregistrée par Coface dans la distribution française, le segment traditionnel affichant une certaine vulnérabilité ». La liquidation de Surcouf en novembre 2012, les difficultés de Virgin actuellement en redressement judiciaire ou encore de la FNAC témoignent des difficultés du secteur.Des efforts de réactivité et d\'adaptabilité sont exigés« A terme, les acteurs doivent faire preuve de réactivité et d’adaptabilité. Les distributeurs traditionnels devront mettre en place un système multicanal et cross-canal, optimiser la gestion de leur stock et de leur surface », explique Coface. Peut-on en déduire que les acteurs du e-commerce ont un avenir radieux ? « Face à une concurrence croissante, il existe également des risques à surveiller chez les pure-players du e-commerce qui devront s’adosser à des groupes solides pour se consolider financièrement », estime l’assureur-crédit. 

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