ENTRETIEN — Le défilé du 14-Juillet s’annonce hors norme, avec la présence de troupes européennes et ukrainiennes. Une façon, selon l’ex-commandant suprême de la transformation de l’OTAN, de réaffirmer la détermination de la France et de ses alliés à se défendre, notamment contre la Russie.La canicule va-t-elle perturber le dixième et dernier 14-Juillet du président Macron ? L’idée de l’avancer plus tôt dans la matinée de mardi restait hier à l’étude. Sans rogner sur l’événement. Car l’Élysée, qui veut afficher les preuves du « réveil stratégique européen » et son soutien indéfectible à l’Ukraine, a vu les choses en grand : 6 800 éléments arpenteront l’avenue, un record absolu.
La parade s’ouvrira avec 500 soldats des pays membres de la coalition des volontaires – ce groupe d’États disposés, en cas de cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine, à déployer des effectifs pour dissuader Moscou de toute nouvelle attaque – et se terminera avec 25 éléments ukrainiens. À la tribune, 25 dirigeants alliés assisteront à l’événement, dont le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui participera ensuite, comme ses homologues, à une réunion de travail aux Invalides puis à un dîner à l’Élysée.
Auparavant, Emmanuel Macron aura livré son dernier discours aux armées. Ces deux jours vont donc sonner comme une démonstration de force à destination de la Russie. Ancien commandant suprême allié transformation (SACT) à l’Otan et ex-chef d’État-major de l’armée de l’air, le général Jean-Paul Paloméros explique en quoi la posture affichée par Paris est la bonne.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Ce défilé du 14-Juillet s’annonce comme le plus imposant depuis longtemps. Cette démonstration de force est surtout un message adressé à Vladimir Poutine ?
JEAN-PAUL PALOMÉROS — Le président russe n’a pas besoin qu’on lui envoie des messages pour s’en imaginer. Il l’a montré en faisant de l’Otan sa bête noire. Ce défilé n’a rien d’agressif. Il dit simplement : « Nous resterons au côté des Ukrainiens, nous préserverons la défense collective de l’Otan ainsi que la volonté des pays européens de se défendre et de dissuader tout adversaire, dont Poutine, de mener une quelconque aventure contre eux. » Pour mieux défendre la paix, il faut montrer ses muscles.