ENTRETIEN — Marie-Ange Debon détaille la nouvelle stratégie du groupe qui s’appuie sur trois axes de croissance : la logistique, les services financiers et le numérique.LA TRIBUNE DIMANCHE — Huit mois après votre arrivée, quel est votre « rapport d’étonnement » sur ce groupe que tout le monde croit connaître ?
MARIE-ANGE DEBON—Mon premier constat est que l’entreprise est encore plus belle de l’intérieur que de l’extérieur. Elle possède un potentiel, des actifs et des savoir-faire qui restent assez méconnus du grand public. On associe souvent La Poste uniquement au courrier et aux particuliers. C’est une vision partielle. Aujourd’hui, nous sommes avant tout une entreprise de service public à dimension internationale : 45 % de notre chiffre d’affaires est réalisé à l’étranger, en Europe, mais aussi au Brésil.
Dans le colis, le courrier ou la banque assurance, nous travaillons en partenariat avec des entreprises de toutes tailles, des artisans aux grands groupes du CAC 40 – où, si La Poste était cotée en Bourse, elle serait comparable en taille à Danone ou Thales. La Poste est une marque de confiance, dotée d’une base de clientèle aussi vaste que variée : tout le monde est client chez nous, d’Amazon à Vinted, en passant par les petits commerçants locaux.
Votre plan stratégique mise sur une hausse du chiffre d’affaires de 34,4 milliards (en 2025) à 40 milliards d’euros d’ici à 2031. Comment y parvenir, alors que l’activité courrier diminue chaque année ?
Il faut être lucide, le courrier ne représente plus plus que 15 % du chiffre d’affaires global. Il y a quinze ans, nous traitions 18 milliards de lettres par an. Nous en sommes à 5 milliards aujourd’hui, à 90 % du courrier d’entreprises. Et seulement 3 milliards à l’horizon 2031. D’où une perte annuelle de près de 500 millions d’euros dans cette activité, C’est en soi un énorme défi, pour n’importe quelle entreprise. Pour compenser cette chute, ce plan s’appuie sur notre palette de métiers, par le biais de trois axes de croissance : la logistique, les services financiers et le numérique.