Un Rotary Club en Cisjordanie

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Pour la première fois, les Palestiniens de Cisjordanie ont fait leur entrée au Rotary. La création d'un club de cette association à Ramallah, qui regroupe une cinquantaine d'hommes et de femmes d'affaires, peut paraître anecdotique. Elle n'en traduit pas moins l'émergence d'une classe moyenne qui a bénéficié d'une réelle embellie économique.Barrages routiers en moinsIsraël a en effet desserré quelque peu son étau sur le territoire. Le nombre de barrages routiers dressés par l'armée israélienne, qui transformaient tout déplacement de biens et des personnes en véritable parcours du combattant, ont diminué de 20% l'année dernière, selon un rapport publié par l'Onu. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et son Premier ministre, Salam Fayyad, sont parvenus à maintenir l'ordre dans les villes grâce au déploiement de quelque 20.000 policiers et agents de sécurité formés pour la plupart en Jordanie par des instructeurs militaires américains. Les groupes armés qui imposaient leur loi ont disparu des rues.Une croissance prévue à 8% en 2010Autres indicateurs encourageants témoignant de l'embellie économique : les importations de voitures ont grimpé de 25% au premier trimestre. Le Produit Intérieur Brut (PIB) a connu une croissance de 6,7% l'an dernier selon l'estimation de la Banque Mondiale et devrait encore progresser de 8% en 2010. Les bénéfices des banques ont augmenté de plus d'un tiers, avec des dépôts qui se sont élevés à un niveau historique, 6,2 milliards de dollars. Le taux chômage a lui reculé de 28,3% en 2002 à 16,5% cette année.Devise à l'étudeToutefois, ce tableau flatteur doit être nuancé. Les incertitudes politiques demeurent des hypothèques sur l'avenir. Salam Fayyad, un ancien haut responsable du FMI qui bénéficie de la confiance des Américains et des Européens, est engagé dans une véritable course contre la montre pour « jeter les bases d'un Etat palestinien viable» d'ici l'été 2011. Un projet de banque centrale voire même de devise palestinienne est à l'étude. Mais le Premier ministre israélien ne veut pas entendre parler d'un tel scénario. Il prône des négociations qui risquent de traîner en longueur avec un gouvernement soumis aux pressions des formations ultra nationalistes hostiles à la moindre concession. En guise de compensation, Benjamin Netanyahu avance son idée de « paix économique ». Mais les Palestiniens, avec le soutien de Barack Obama, ne veulent pas s'en contenter.

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