Une nouvelle gouvernance pour l'AFP

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Certes sur le papier, le rapport du Comité de réflexion sur l'Avenir de l'Agence France-Presse (AFP)commandé par Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication ne touche pas au sacro-saint statut de l'agence qui date de 1957 et qui est le garant de son indépendance. Mais en fait, c'est bien un nouveau cadre de fonctionnement qui est préconisé. De par son statut, l'AFP est un organisme sans actionnaire ni capitaux. Pour « refonder l'AFP » dont « la situation est très préoccupante » en raison de son problème de financement, mais sans toucher à son statut au risque de provoquer des mouvements sociaux au sein de l'agence, le Comité piloté par l'ancien pdg de l'AFP, Henri Pigeat, a élaboré un schéma de fusée à deux étages. Il propose de « conforter et d'enrichir le statut » avec la création d'une société éditrice contrôlée par l'AFP baptisée AFP-SE. Cette société par actions simplifiées serait co-détenue par la Caisse des dépôts et Consignations (CDC) à 49 %. Dans cette société, l'AFP apporterait son activité d'agence de presse en y transférant son personnel et recueillerait les recettes de la vente de ses produits. « ambitieux et prometteur »Selon Frédéric Mitterrand, Emmanuel Hoog, le tout nouveau président de l'AFP, élu le 15 avril, dispose de solides atouts qui lui « permettront de porter un projet ambitieux et prometteur pour l'Agence ». Nommé avec l'appui du gouvernement, il va devoir s'atteler dès lundi à la mise en oeuvre des préconisations du rapport. Pour s'adapter « aux réalités actuelles du monde des médias », les experts proposent aussi de revoir la composition du conseil d'administration, en réduisant le poids des administrateurs représentants la presse écrite : sur 16 membres, elle n'aurait plus que deux représentants (contre 8 aujourd'hui. La presse en ligne et l'audiovisuel privé obtiendraient chacun un siège. Le 11e administrateur serait le PDG et il proposerait au conseil, comme 12e membre, son vice-président qui serait de facto le directeur de l'information. Enfin, les 12 administrateurs éliraient 4 « administrateurs indépendants ». Faute de réforme, l'AFP ne pourra financer son développement. Et si l'AFP ne se réinvente pas, elle risque de disparaître, prévient le rapport qui pointe le retard de l'agence française, troisième agence mondiale derrière Reuters et AP, dans le domaine de la vidéo. Pour développer l'agence, il faut d'une part « installer la vidéo dans le coeur de métier de l'AFP, accélérer l'intégration éditoriale multimédia, chercher à valoriser les fonds d'archives textes et photos et intensifier les diversifications ». S. B.

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