Les Français ont toujours la fibre entrepreneuriale, par choix ou par dépit

 |   |  442  mots
Selon l'Insee, les créations d'entreprises ont bondi de 31,4 % entre août et septembre. Sur la période, 57.820 entreprises nouvelles ont vu le jour. Grâce à cette performance, les créations d'entreprises peuvent afficher une timide hausse, de 0,6 % au troisième trimestre 2010 par rapport à la même période de l'an dernier. Ces chiffres intègrent les 31.224 créations d'auto-entreprises qui bénéficient du régime social allégé en vigueur depuis le 1er janvier 2009. Depuis janvier 2010, 276.010 auto-entreprises ont été enregistrées, soit plus d'une création d'entreprise sur deux estime l'Insee. Les formes classiques ne sont pas pour autant délaissées par les neo-entrepreneurs. En effet, les créations d'entreprises de forme classique comme les entreprises individuelles et les sociétés ont accéléré de 16,7 % en septembre. Après la perte de vitesse observée au premier semestre, l'entrepreneuriat retrouve donc la vigueur qui le caractérisait ces dernières années et qu'est venue stimuler cette nouvelle forme d'entrepreneuriat. Depuis le vote de la première loi Dutreil, dite loi de l'initiative économique en 2003, qui avait notamment lancé la société à responsabilité limitée (SARL) à 1 euro, de plus en plus de Français sont séduits par l'aventure entrepreneuriale.l'industrie tient bonCertains secteurs sont bien plus dynamiques que d'autres. Ainsi, les créations d'entreprises dans le domaines de la santé, de l'éducation et du social ont explosé de 40,3 %. Dans celui qui regroupe les activités de soutien aux entreprises, le bond est de 40,1 %. Dans les transports (+ 35,9 %), le commerce (+ 27,2 %)), l'hôtellerie-restauration (+ 28,7 %) ou encore la construction (+ 27,8 %), l'effervescence est également palpable.Fait étonnant, les créations d'entreprises ont accéléré de 35,2 % en septembre dans l'industrie manufacturière. Alors que la lutte contre le déclin industriel est érigée au rang des priorités par le gouvernement, ce chiffre est une pierre dans le jardin des déclinologues. L'industrie offrirait donc encore quelques perspectives de développement intéressantes aux entrepreneurs.Reste à savoir si cette singulière fibre entrepreneuriale est une véritable bonne nouvelle pour l'économie française sachant que, d'une part, une entreprise sur deux est créée par un chômeur qui bénéficie de l'aide aux demandeurs d'emploi créant ou reprenant une entreprise (Accre) consistant notamment en une exonération de charges sociales pendant un an et que, d'autre part, le nombre des défaillances reste élevé. Selon la dernière étude réalisée par la société Altares, 11.877 redressements ou liquidations judiciaires ont été prononcées par les tribunaux au troisième trimestre. Un chiffre certes en baisse de 7,4 % sur un an mais qui reste très élevé.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :