« Journée de la colère » des Russes contre Vladimir Poutine
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La plus forte manifestation a été observée dans l'enclave de Kaliningrad, où 2.000 Russes se sont rassemblés sous une pluie drue malgré l'annulation exigée par les autorités locales. Le pouvoir ne voulait à aucun prix voir se reproduire l'« incident » de janvier dernier, lorsque 10.000 personnes ? un chiffre spectaculaire en Russie ? avaient bruyamment réclamé la démission de Poutine et du gouverneur de Kaliningrad. Samedi, la mobilisation a dépassé le millier de manifestants dans plusieurs villes, ce qui représente un succès pour l'opposition en Russie. En province, la mobilisation a largement dépassé le noyau dur des activistes politiques. 1.500 personnes ont défilé à Vladivostok pour réclamer la démission de Poutine et la suppression des taxes sur l'importation de voitures japonaises, dont le commerce fait vivre beaucoup d'habitants. à Irkoutsk (Sibérie), un millier de personnes ont protesté contre la réouverture par Poutine d'une usine polluant le lac Baïkal.Peu enclin à laisser l'opposition s'exprimer dans la rue, le Kremlin a fait interdire presque toutes les manifestations et a mobilisé des forces de police supérieures au nombre de manifestants tandis que les chaînes télévisées et les principaux médias russes ignoraient l'événement. Depuis le début de la crise, le taux de chômage a fortement progressé (de 6 % à 9 %) et la majorité des salariés ont vu leurs revenus amputés. De nombreuses sociétés privées paient leurs employés avec plusieurs mois de retard. « En province, il y a une prise de conscience que Poutine est le responsable des difficultés économiques que les gens rencontrent comme la hausse du coût de la vie, des charges communales et du gel des salaires réels », estime l'opposant Vladimir Milov, un des leaders du mouvement Solidarité. Une alternanceSi l'opposition non parlementaire est parvenue pour la première fois depuis plusieurs années à organiser une journée de manifestations à travers le pays, elle est toutefois loin de représenter un danger immédiat pour le Kremlin. Vladimir Poutine reste largement la personnalité politique la plus populaire, avec un taux de satisfaction supérieur à 60 %. Seule une minorité réclame une alternance au pouvoir en place.
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