EDF et Enel gèlent leurs projets d'EPR en Italie

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Monfalcone, Mola di Bari, Palma di Montechiaro... La liste des sites possibles était déjà prête. L'Agence pour la sécurité nucléaire dans les starting-blocks. Bref, après presque vingt-cinq ans d'abstinence dans le nucléaire, l'Italie s'apprêtait à revenir dans le club restreint des pays exploitant des centrales nucléaires. Mais comme les quatre centrales italiennes n'avaient pas pu résister à l'onde de choc de l'accident de Tchernobyl en avril 1986 (un référendum en novembre 1987 fit sortir le Belpaese du nucléaire), le projet de quatre centrales EPR de nouvelle génération développées en commun par EDF et son alter ego italien, Enel, ne devrait pas survivre à l'impact de Fukushima, répercuté par un nouveau stop décidé par le gouvernement Berlusconi mercredi. Il semble que le Cavaliere ait ainsi devancé une issue défavorable à cette forme d'énergie lors d'un autre référendum sur le retour au nucléaire prévu pour la mi-juin.De fait, le joint-venture mis sur pied par EDF et Enel pour lancer ces EPR, Sviluppo nucleare Italia, en est réduit à se tourner les pouces en attendant des jours meilleurs. Qui pourraient toutefois ne pas attendre 25 nouvelles années, n'ayant pas à souffrir d'un nouveau référendum négatif (celui de juin est sur le point d?être annulé faute de loi de retour au nucléaire à abroger...).Les Italiens resteront du coup dépendants de leurs partenaires russe ou arabes, notamment libyen, pour leur approvisionnement en hydrocarbures. Et Enel, contrôlé par l'État italien, continuera à réaliser un tiers de son résultat d'exploitation, soit environ 900 millions d'euros, à travers l'activité de ses centrales nucléaires en Slovaquie, en Espagne et... en France ! L'ancien monopole italien de l'électricité est en effet actionnaire à hauteur de 12,5 % dans l'EPR normand de Flamanville et doit participer à celui de Penly. Par ailleurs, sa filiale d'énergies renouvelables, Enel Green Power, bénéficie depuis l'accident nucléaire japonais d'un sérieux coup de pouce en Bourse. Frank Paul Webe

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