La Grande-Bretagne craint un retour de la récession

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Alors qu'un budget de rigueur pour les quatre prochaines années va être présenté ce mardi en Grande-Bretagne, le débat fait rage : ces mesures vont- elles faire replonger l'économie britannique en récession ? Cette année, la croissance devrait tout juste atteindre 1 %. Dans ces conditions, la Grande-Bretagne peut-elle faire face à des coupes budgétaires et des hausses d'impôts qui pourraient atteindre 5 à 6 points de PIB d'ici à 2014 ? Le nouveau gouvernement britannique affirme que ne rien faire serait la pire des solutions. « Le principal risque pour l'économie britannique actuellement est celui de la dette, estime George Osborne, le chancelier de l'Echiquier. Nous ne pouvons pas repousser notre décision. » Selon lui, s'il laissait filer le déficit (qui était de 11,1 points de PIB en 2009-2010), les investisseurs risqueraient de se détourner des bons du Trésor britanniques propulsant les taux d'intérêt à long terme vers des sommets. vers une double récessionDavid Blanchflower, ancien membre du comité monétaire de la Banque d'Angleterre, rejette en bloc cette vision. « Vous ne pouvez pas décimer le secteur public et penser que le secteur privé prendra tout simplement le relais. Il est maintenant certain que nous allions vers une double récession. »Son discours fait écho aux inquiétudes de Barack Obama, qui a publié vendredi une lettre ouverte aux pays du G20. « Nous avons travaillé exceptionnellement dur pour restaurer la croissance. Nous ne pouvons pas la laisser s'affaiblir maintenant. » Pour Ray Barrell, économiste au NIESR (National Institute for Economic and Social Research), le problème n'est pas seulement la vitesse à laquelle le gouvernement entend réduire les déficits mais également la façon dont il compte s'y prendre. Une hausse des impôts serait, selon lui, moins pénalisante pour la croissance qu'une baisse des dépenses publiques (particulièrement si le nombre de fonctionnaires est réduit). Or, George Osborne a indiqué que 80 % de la baisse des déficits seraient le fait de la réduction des dépenses publiques et 20 % seulement de la hausse des impôts. Le chanceliier de l'Echiquier semble toutefois s'être accordé des marges de manoeuvre sur le rythme de réduction des déficits. Interrogé sur les risques d'une nouvelle récession, George Osborne a précisé que le budget qu'il présentera mardi « se déroulera sur l'ensemble du mandat parlementaire (cinq ans). Cela ne sera pas mis en place en un jour ou un mois. » Une façon de dire, peut-être, que la rigueur sera bien au rendez vous... mais qu'elle ne commencera vraiment que l'an prochain, voire les années suivantes. Eric Albert, à Londre

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