L'union fait la force entre BHP et Rio Tinto dans le minerai de fer australien

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Le soleil se lève à l'ouest en Australie. Du moins pour les principales compagnies minières du pays qui, grâce aux appétits asiatiques en matière de minerai de fer, viennent d'enregistrer leurs meilleurs résultats depuis le début de la tornade financière fin 2008. En augmentant leurs volumes d'exportation de 50 % à 60 % durant les trois derniers mois de l'année dernière, BHP-Billiton et Rio Tinto ont tout simplement retrouvé les chiffres qui étaient les leurs un an plus tôt. Une bonne nouvelle selon les observateurs, qui n'hésitent plus à annoncer officiellement la reprise du boom minier en Australie.Ce retour à la normale intervient au bon moment pour les deux géants, alors qu'a démarré fin décembre le nouveau cycle de négociation des prix du minerai de fer pour l'année 2010. Plus que jamais en position de force face aux acheteurs asiatiques, BHP-Billiton et Rio Tinto pourraient imposer une augmentation comprise « entre 30 % et 40 % », selon les experts du secteur réunis. "La demande est énorme"« La demande de minerai de fer est actuellement énorme, et les métallurgistes ont tout intérêt à accepter une telle offre », estime Warren Edney, analyste chez RBS Morgan. À commencer par les Chinois, qui consomment chaque année près de 70 % de la production australienne extraite dans la région du Pilbara, dans le nord-ouest du pays. Ces derniers doivent encore se mordre les doigts d'avoir refuser le discount de 33 % offert l'an passé par des producteurs en difficulté. Croyant réaliser la bonne affaire, ils se sont approvisionnés sur un marché spot qui a doublé ces derniers mois pour dépasser les 110 dollars la tonne début janvier (78 euros), soit un tarif supérieur de 90 % au prix négocié l'an passé. « Sûr qu'ils ne répéteront pas la même erreur cette fois », reprend Warren Edney. Pékin compte d'ailleurs mettre ses troupes en ordre de combat, se préparant à fusionner ses principaux métallurgistes pour augmenter leur pouvoir de négociation.Des investissements pour combler l'appétit de l'Asie De leur côté, les groupes miniers reprennent leurs investissements pour pouvoir faire face à la demande insatiable de leurs clients asiatiques. En attendant la mise en place du joint-venture qui doit regrouper les avoirs de Rio Tinto et de BHP-Billiton dans le Pilbara, les deux géants fourbissent leurs armes. Le premier a déboursé plus de 5 milliards d'euros pour tripler sa production d'ici 2013, pendant que le second compte en faire autant pour 2015. « À cette date, c'est près de 600 millions de tonnes de minerai de fer qui devraient être produites chaque année dans la région », calcule Glyn Lawcock chez UBS. Sans compter les compagnies « juniors » qui rassemblent également leurs forces pour obliger les deux grands à ouvrir leurs infrastructures portuaires et ferroviaires à la concurrence. Elles peuvent même compter cette fois sur l'appui du gouvernement de l'Australie occidentale, qui, pour être sûr d'exporter à plein régime, menace de faire passer une loi qui imposerait un tel partage dans le Pilbara. Les deux grands doivent aussi faire face à une pénurie de main-d'oeuvre qui s'accentue à mesure que de nouveaux gisements voient le jour. La compagnie Rio Tinto vient d'annoncer qu'elle s'apprêtait à ouvrir des négociations collectives avec les syndicats, pour définir les prochaines augmentations de salaires. Une première depuis quinze ans dans une industrie où les accords salariaux sont habituellement négociés à titre individuel.

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