La livre sterling se hisse au plus haut depuis janvier 2010
La Tribune
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S'il est une monnaie encore plus performante que l'euro, c'est bien la livre sterling. Alors que la monnaie unique des Dix-Sept s'est hissée mardi à son meilleur niveau depuis début novembre face au dollar, pour monter jusqu'à 1,4250, la monnaie de Sa Majesté s'est retrouvée propulsée à un plafond de quatorze mois vis-à-vis du billet vert, s'attaquant au seuil de 1,64. Comme pour l'euro, l'attrait de la livre pour les investisseurs est renforcé par la perspective d'une hausse prochaine de ses rendements, un atout dans un monde où les deux autres principales monnaies - dollar et yen - sont engluées par leur rémunération proche de zéro, qui devrait le rester pendant une période prolongée, pour reprendre les termes utilisés par la Réserve fédérale.Néanmoins, contrairement à la Banque centrale européenne qui a annoncé début mars, par la voix de son président Jean-Claude Trichet, une hausse des taux dès son conseil d'avril et a confirmé cette intention en début de semaine, la Banque d'Angleterre n'a pas indiqué de calendrier. Mais les minutes de sa réunion de janvier - la BCE n'en publie pas - sont très révélatrices. Elles montrent que sur les neuf sages que compte son conseil de politique monétaire, les dissidents, favorables à une hausse rapide des taux maintenus au plancher de 0,5 % depuis mars 2009, sont passés de deux à trois. Le camp des faucons pourrait encore s'être renforcé, ce que l'on saura ce mercredi, jour de la publication des minutes de la réunion de février, à la faveur d'un nouveau bond de l'inflation outre-Manche. L'indice des prix harmonisé, rendu public mardi, fait état d'une hausse de 0,7 % pour le seul mois écoulé, soit une progression en glissement annuel de 4,4 %, la plus forte depuis octobre 2008. La Banque d'Angleterre, coincée entre une inflation coriace et une croissance molle sur laquelle va peser la cure d'austérité qui se met en place a, pour l'instant, passé son tour, en dépit de l'obligation qui lui est imposée de faire respecter l'objectif d'inflation de 2 % fixé par le gouvernement.Mais Albion pourrait une nouvelle fois surprendre. Les dernières données concernant l'activité industrielle étonnent par leur solidité et le taux de croissance du premier trimestre pourrait corriger la détestable impression laissée par le chiffre des trois mois précédents, où le PIB s'était contracté de 0,6 %. Les économistes s'accordent à penser que le premier tour de vis monétaire de la Banque d'Angleterre devrait intervenir en mai. La logique voudrait donc que la livre continue à se raffermir, gage de lutte contre l'inflation importée, mais handicap pour la compétitivité. Sauf qu'elle ne monte que face au dollar, restant quasiment stable vis-à-vis de l'euro, la monnaie de la zone d'influence majeure des exportateurs britanniques. Isabelle Croizard
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