Les trois révolutions du FMI

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Alors que s'ouvre son assemblée générale de printemps, à Washington, le Fonds monétaire a retrouvé des couleurs. Une santé paradoxale, qui témoigne du mauvais état du monde : les encours de prêts qu'il a accordés atteignent 175 milliards de dollars, contre 16 milliards en 2007. Nombre de pays d'Afrique, d'Amérique centrale et, nouveauté, d'Europe, ont fait appel à l'organisation internationale pour obtenir une aide financière alors que leurs économies ont été éprouvées par la crise.Deux sujets majeurs vont dominer ces rencontres semestrielles. La réforme de la finance, tout d'abord. « Il y a de nombreux domaines, concernant les agences de notation, les transactions de gré à gré, les fonds spéculatifs [...] où ce qui est annoncé sinon mis en oeuvre, par les États-Unis, les Européens, les Japonais, est tout simplement incohérent », déclarait mercredi Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, qui s'exprimait quelques heures avant le discours du président américain Obama sur la « mise au pas » de Wall Street. Il va s'agir, pour le Fonds, de coordonner, voire de lancer des actions communes. Il devrait présenter vendredi un double projet de taxe bancaire mondiale : une contribution de stabilité financière, variable selon la prise de risque de l'établissement, alimentant un fonds de secours, et une taxe sur les bénéfices qui abonderait les budgets nationaux.du pain sur la plancheL'autre sujet est évidemment la crise grecque, dans laquelle le Fonds se trouve embarqué puisque la zone euro est impuissante à concevoir et déclencher une aide sans être elle-même aidée. « Il n'y a pas de solution miracle » aux problèmes financiers aigus de la Grèce, a estimé mercredi DSK, « les efforts que les Grecs devront faire seront vraiment très importants ». Mercredi, l'agence statistique européenne indiquait que le déficit public grec serait encore plus grave que prévu, ce qui a déclenché un nouvel accès de fièvre sur les marchés (voir pages finance).Depuis qu'il est à la tête de l'institution de Washington, le Français a initié des changements importants, dans l'organisation et surtout dans la « doxa » économique du Fonds, qui rompt avec un libéralisme caricatural. Le chantier de la meilleure représentation des émergents est, lui, bien moins avancé. n

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